L’ombre s’allonge – Jean-Paul Goux –

L'ombre s'allonge - Jean-Paul Goux -

 

La beauté d’un jardin, lorsqu’on y vit, vous apprenait qu’on n’habite pas la beauté, qu’on ne peut que s’y mesurer dans une violence jamais éteinte qui vous rend muet et vous dévore.

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L’ombre couvre les yeux – Elie Treese –

Les histoires sont comme les anguilles au fond d’un seau, à s’effleurer en permanence de leur peau visqueuse, et on se contente de les regarder avec une sorte d’effroi, parce qu’on voudrait que la vérité ait une apparence différente, mais bon Dieu, y a rien d’autre et on est forcé de regarder jusqu’à la fin, parce que la vérité, même laide, apparaît bientôt comme une chose indispensable.

Interview Charles Robinson – Le matricule des anges –

Les personnages naissent d’esquisses rapides et intuitives lors des premiers jets. (…) Jusqu’à ce qu’il [le personnage] sonne juste. Jusqu’au moment où le surgissement de sa présence me fascine. C’est encore un travail de sorcier : nourrir une chimère, un bout d’étoffe, jusqu’à ce qu’il prenne la parole et son autonomie. Une fois créés les personnages acquièrent un poids gravitationnel qui peut faire dévier le livre, l’attirer, le tordre.

(…)

L’auteur n’est pas un chef d’orchestre devant les petits santons joliment placés qu’il fait chanter à la baguette. L’auteur, c’est plutôt Mickey dans Fantasia : si tu t’avises de donner chair à des bouts de bois, tu ne sais jamais quelle danse ils vont t’imposer.
Tu pourrais ne pas écouter leur danse, bien sûr, ou la leur refuser, mais alors : pourquoi t’être donné des pouvoirs de démiurge si tu ne voulais pas l’autonomie des créatures ?

Interview Charles Robinson - Le matricule des anges -