La huitième vie (pour Brilka) 1 – Nino Haratischwili –

indexJe commence donc ici, pour me réconforter un peu moi-même, comme un enfant qui a peur et serre contre lui son jouet chéri. Parce que j’ai peur. Je ne sais pas si je saurai satisfaire mon attente avec ce que je veux tenter de te raconter, je ne sais pas si je saura répondre à tes attentes à toi, Brilka.
Et j’ai peur de ces histoires. De ces histoires qui se déroulent constamment en parallèle, dans le chaos ; ces histoires qui sont au premier plan, puis se cachent et se coupent réciproquement la parole. Parce qu’elles s’entrelacent et se pénètrent, se contournent, s’entrecroisent, se trahissent les unes les autres, parce qu’elles trompent, égarent, laissent des traces et les effacent, et surtout parce qu’elles recèlent en elles des milliers d’antres histoires.
Je ne sais pas si j’ai moi-même tout compris et si j’ai entrevu les corrélations, mais je dois l’espérer et, en cas d’urgence, si tous les fils se rompent, si tous les ponts s’effondrent, je dois écarter les bras une nouvelle fois et espérer que si je chute, je m’envolerai d’une façon ou d’une autre.
(…)
Ici prennent fin les légendes, ici commencent les faits réels. (…) Les épouses, les lieutenants, les filles et les fils sont morts. Toi et moi, et la légende, nous vivons. Alors nous devons essayer d’en faire quelque chose.

 

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