Felix Austria – Sofia Andrukhovych –

CVT_Felix-Austria_5708Felix Austria avait tout pour me plaire, mais malheureusement, je suis passée à côté. Tous les éléments étaient là :

– ces descriptions de la ville, Stanislaviv, qui nous donnent l’impression de vraiment sillonner ses routes, se promener sur ses trottoirs en flânant et admirant les vitrines des magasins, la tête et les yeux pleins de l’animation du marché…

– la part de mystère et de fantastique, tout juste ouverte, qui vient donner du piment au récit, mais retombe assez vite…

– Cette relation fusionnelle entre les deux « sœurs » de cœur, qui nous apparaît très vite comme une relation biaisée (l’une étant servante de l’autre dans un dévouement aveugle qu’on ne comprend pas toujours) et qui va finir par nous perdre, autant qu’elles…

Ma vie, qui t’a été donnée à la naissance et attachée à toi comme un bouton de rechange à l’envers du vêtement, ne te suffit donc plus ? Tu as tellement eu envie un jour que ton père me vende ! Tu avais peur qu’il m’aime comme son deuxième enfant. Tu ne voulais pas voir de la douceur dans sa voix qui prononçait mon prénom. De quoi as-tu peur maintenant pour vouloir vendre l’enfant ? Qu’est-ce que tu veux ? 

Et puis, la fin ne m’a pas convaincue. Et c’est bien dommage. J’aurai rêvé d’un autre destin pour un personnage malgré tout attachant, qui aurait mérité de se réveiller avant la chute… Je n’en dirais pas plus.

Enfin, me voilà bien embêtée pour rédiger un avis que je ne voudrais pas trop sévère, car je sais que ce livre n’est ni bâclé, ni mauvais ; c’est juste moi qui suis passée à côté… et j’en suis la première attristée. Un rendez-vous manqué, en quelque sorte…

4ième couv :

Le roman Felix Austria se déroule à Stanislaviv, l’actuelle Ivano-Frankivsk, autour de 1900. Nous sommes dans l’une des capitales culturelles de la Galicie, qui fait alors partie de l’empire d’Autriche-Hongrie. La vie de cette paisible ville des confins de l’Europe est vue à travers les yeux de Stefania, une Ukrainienne qui travaille comme cuisinière dans une famille aisée. Le récit explore les destins entrecroisés d’Adèle et de sa domestique, empêtrées dans une relation fusionnelle qui tournera mal. Dans sa transition vers la modernité, si bien décrite par Musil ou Stefan Zweig, ce monde s’avère à la fois hermétique et incroyablement divers, un melting-pot foisonnant d’ethnies, de langues et de religions. Cependant, malgré sa prospérité et sa stabilité apparentes, cette société porte les ferments de sa propre dissolution. Les habitants y vivent, y souffrent, éprouvent des amours non partagées, se passionnent pour les sciences ou des spectacles de magie, s’amusent dans les bals et les carnavals, se promènent et dissimulent leurs secrets dans des armoires. Le mythe d’une vie idyllique, d’une « Felix Austria » (« heureuse Autriche ») disparue, dessine une société tolérante et multiculturelle : c’est à partir de cet exemple, malgré ses faux-semblants, que l’Ukraine d’aujourd’hui cherche à se reconstruire.

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