Le mercantilisme dans la vie des enfants – Susan Linn –

Aujourd’hui, plus que jamais, les enfants ont besoin de retrouver l’espace, le temps, les outils et le silence nécessaires pour pouvoir développer leurs facultés à être curieux, créatifs, à réfléchir par eux-mêmes et à s’engager de façon constructive dans le monde. Malheureusement, lorsqu’une culture est guidées par la consommation et le matérialisme, elle n’accorde plus de valeur au jeu créatif. (..) les jouets qui se vendent le mieux sont présentés à coup de campagnes publicitaires qui vantent leur côté amusant. (…) Ils sont conçus pour être vendus. Alors s’ils finissent par lasser, tant mieux, une autre version sera bientôt sur le marché. 

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Interview Magazine Lire – Céline Alvarez – 2

Interview Magazine Lire - Céline Alvarez -Q : Comment faire pour que cette pédagogie ne soit pas réservée à une élite ?

Céline Alvarez : Il ne s’agit pas d’une pédagogie ou d’une méthode en particulier. Il est temps maintenant de dépasser l’idée de méthode et de dégager des invariants universels. Respecter les lois de l’enfant est à la portée de tous : il s’agit principalement de se rendre disponibles, de soutenir sans entraver, d’aimer et de faire confiance. La révolution de l’éducation ne se fera pas avec une nouvelle méthode ou du nouveau matériel. Elle se fera lorsque nous appliquerons massivement ce que nous savons déjà dans nos cœurs.

Pour les curieux : Site de l’auteur et vidéos.

Les lois naturelles de l’enfant – Céline Alvarez – 1

L’être humain n’est donc pas prédéterminé à développer le langage, le raisonnement, la capacité empathique ainsi que tous les ses potentiels innés latents ; il y est prédisposé. La différence est immense. Rien n’assure qu’il développera l’intelligence humaine qu’il possède à l’état embryonnaire… Il naît avec la possibilité de la développer. Et il devra le faire avec ce que lui offrira son environnement.

L’école actuelle a été pensée de manière idéologique… :

Congo – David van Reybrouck –

Elle était restée travailler jusqu’à la veille de son accouchement, son bébé ne pesait que 1,7 kilo, moins qu’un petit lapin. Je n’avais encore jamais rien vu de pareil. J’ai décidé d’organiser un sit-in. Nous sommes partis par petits groupes vers le bureau de paie de l’éducation publique. Les trois quarts des enseignantes m’ont accompagnée. A dix heures pile, tout le monde s’est assis. Le soir, j’ai été arrêtée. Une Land Rover remplie de soldats m’a amenée à la mairie. J’étais simplement vêtue de ma chemise de nuit. Ils étaient tous là : le maire, les responsables de la sécurité publique, du parti, de l’enseignement, du quartier. J’étais là, une femme face à cinquante hommes. Ils m’ont insultée l’un après l’autre et, moi, je n’arrêtais pas de penser à l’enfant de 1,7 kilo, ce petit lapin, dont la mère, Mme Rumbasa, une bonne collègue, était morte parce qu’elle n’avait pas eu de congé maternité. J’ai explosé. J’ai hurlé contre le maire. J’avais une boule dans la gorge, c’était la deuxième fois de ma vie adulte que je pleurais. Après ma tirade, personne n’a plus rien dit, tant je m’étais fâchée. Je me suis sentie apaisée. Vers minuit, le maire m’a ramenée chez moi dans sa Mercedes.

 

La vengeance des mères – Jim Fergus –

 La vengeance des mères - Jim Fergus -Cette fois, tout est vraiment fini. Dès les premières lueurs du jour, telle la main vengeresse du Tout-Puissant, les soldats ont fondu sur nous. J’ai reçu un coup de feu, j’ai peur de mourir vite, le village est détruit, incendié, le peuple nu est parti se réfugier en courant dans les collines et se tapir sur la roche comme des animaux. (…) Je ne sais où sont la plupart d’entre nous, certaines sont mortes, d’autres encore vivantes. (…) Nous sommes blotties les unes contre les autres avec nos enfants. (…) Je suis blessée et crains de mourir bientôt, j’entends mon souffle rauque, des bulles de sang s’échappent de ma bouche et de mon nez […]
Tant qu’il me reste un peu de force, je vais continuer à écrire ce qui s’est passé…

L’insouciance – Karine Tuil –

Ce n’est pas une décharge de chevrotine, ça ne vous tue pas, peut-être, mais ça déforme, ça détruit, lentement, froidement, comme une substance toxique et irradiante, mutant vers quoi ? Un être supérieur, cuirassé, stoïque, rien ne l’ébranle, rien ne l’affecte, un de ceux qui résiste, un dur, blindage métallique, les yeux décavés à trop contenir l’effroi, il ne montrera rien, ne dira rien, impassible.

Karine Tuil à l’affiche, France 24 :

Être modeste… – Yann Moix –

indexÊtre modeste, c’est faire semblant de n’être pas grand-chose. Être humble, c’est savoir que l’on n’est rien. C’est mon cas je sais que je ne suis rien. Mais je sais qu’un nombre considérable de gens que j’ai pu croiser depuis que je suis né – là intervient mon immodestie – valent un peu moins encore. La sincérité ressemble d »ailleurs à la modestie : elle sonne faux.