Au revoir là-haut – Pierre Lemaître –

Au revoir là-haut - Pierre Lemaître - « Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira.
Au revoir, là-haut, ma chère épouse… »

Derniers mots écrits par Jean Blanchard le 4 décembre 1914

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Génétiquement incorrect – Gilles-Eric Séralini –

indexLa science doit se tenir debout, sans la contrainte ni l’obsession d’être immédiatement rentable, veillant tel un guetteur sur l’écosystème et sur l’humanité. (…) Il faudra peut-être inventer des espaces de liberté publique permettant que les applications de la recherche en biologie ne se décident pas toujours sans consultation des citoyens.

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Audition du mathématicien Cédric Villani à l’Assemblée Nationale, le 19 novembre 2012 :

Tout part de l’affaire Séralini : le Haut conseil des biotechnologies, mandaté par le gouvernement, a réfuté en 2012, les conclusions de l’étude de Gilles-Eric Séralini sur la toxicité des OGM, en pointant des limites (tout aussi présentes dans d’autres études « pro-OGM » mais que la commission n’a pas relevées chez ses dernières).
S’ouvre alors un débat passionné et passionnant, que l’on soit « pour » ou « contre ». Cédric Villani évoque la notion d’éthique en science, l’importance du débat contradictoire, la formation d’un consensus scientifique, ainsi que la qualité de l’information livrée au public.

Cela dure 12’49, mais c’est tellement intéressant que vous ne les verrez pas défiler.

L’art de la joie – Goliarda Sapienza –

Le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le Mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient. Ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie las plantes, les animaux… Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations des siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m’en servir, ceux que l’usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation.

Contours du jour qui vient – Léonora Miano –

Contours du jour qui vient - Léonora Miano -Notre peuple n’a pas soudain enfanté une génération de petits êtres malfaisants, et bien des démons n’existent qu’au fond de nous. C’est ce que nous croyons qui finit par prendre corps, et par nous dévorer.Je crois profondément, mère. (…)
Je crois à l’authentique plaisir de vivre l’alternance de la mélancolie et de la joie, et je crois que la misère est une circonstance, non pas une sentence.

Manifeste Incertain 4 – Frédéric Pajak –

 

imagesLes rapports humains sont obligatoirement assujettis au commerce. Le travail, les loisirs, la politique, la science, la guerre, l’art : tout est, d’une manière ou d’une autre, tributaire du commerce. Seul l’amour lui échappe – je ne parle pas de la sexualité tarifée – ; c’est un sentiment qui a pour lui d’être très ancien, antérieur au commerce. Il porte la trace indélébile d’un monde variable – et de sa promesse. Je dis « véritable », parce que je pressens un monde dans le monde, caché, pelotonné, vivant. Je le connais dans l’amour, je le devine dans la peinture, la poésie, la musique. Arthur Rimbaud en savait quelque chose : « La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde ».

La route chante 2 – Lhasa de Sela –

Ce que je peux faire de mieux comme chanteuse, c’est de vivre et de participer à la création de moments d’humanité avec les gens. De dévoiler les lieux où le cœur est vraiment, où quelque chose de beau va se manifester. C’est cela qui importe pour moi et non la « morale » des textes ou des musiques. Je crois réellement que le rôle des artistes consiste à ouvrir le cœur des gens. C’est à partir de ce moment-là que les choses, peut être, peuvent changer.

 

La route chante 1 – Lhasa de Sela –

indexJ’ai toujours devant moi les photographies de mes ancêtres. Qu’est-ce qui me fascine et m’intrigue autant chez eux ? J’aime beaucoup regarder leur visage et essayer de deviner quelle personne ils ont été. Je sais qu’ils m’ont influencée, qu’il y a quelque chose d’eux en moi, même si je ne les ai pas connus du tout. Je les regarde et je vois une grand-mère qui ressemble à ma sœur, une autre qui a le même nez que moi et la même bouche que mon frère. Voir en soi des traces de ses ancêtres, c’est bouleversant.

Une valse pour rien- Allain Leprest –

C’est pour rien que tu valseras
Tu tiens du vide dans tes bras
La chaleur que tu sens
C’est celle de ton sang
Qui valse dans ta veste

Y a pas d’amour, y a pas d’orchestre
Tout ça se passe dans ta tête
Cendrillon a laissé
Au fond d’un cendrier
La cendre de ses gestes

Et nous voici déjà demain,
Pauvre chien,
Rentre ton cœur dans son étui
T’auras valsé toute une nuit
Une valse pour rien
Pour rien
Une valse pour rien
Pour rien

La huitième vie (pour Brilka) 2 – Nino Haratischwili –

index
Où sont les oubliés ?

C’est nous et nous seuls qui décidons de ce dont nous voulons nous souvenir ou pas. Le temps n’est pas en cause. Peu importe le temps. Ce qui est injuste dans notre histoire, Brilka, c’est que la possibilité ne nous est donnée ni à toi ni à moi de nous souvenir de tout, et donc de tous les oubliés, et que moi aussi – pour toi – je dois faire un choix, décider de ce qu’il est important de raconter et de ce qui ne l’est pas : mission parfois impossible, me semble-t-il. Je me bats contre ma mémoire personnelle et subjective. Depuis que j’écris notre histoire pour toi, avec ses où, comment et pourquoi, je suis seule. Mais là-dessus je t’en dirai davantage plus tard. Quand le moment sera venu de raconter ma vie, quand je naîtrai enfin à mon tour, quand je prendrai vie dans ce royaume des mots.