Lettres à Anne – François Mitterrand –

Lettres à Anne - François Mitterrand - La ferveur n’est pas en moi. Je me méfie d’elle et des déserts et des abîmes qu’elle laisse derrière elle. Je ne veux plus du mensonge des émotions spirituelles à fleur de peau, du guet-apens que dressent la peur et la mort.

Mais je ne puis me défaire d’un mouvement qui me pousse à redécouvrir un jardin perdu, perdu pour moi, et dont l’itinéraire passe par vous. 

Publicités

J’attends… – Ben Mazué –

J’attends… de ton désir qu’il réussisse, 
J’attends… de nos enfants qu’ils s’épanouissent, 
J’attends.. de moi, que je m’évanouisse, devant ce qui m’attend pour demain. 

On retiendra de notre ambition qu’elle était digne, 
 
avec un soupçon d’utopie. 
On retiendra de notre passion, qu’elle était fine, 
pas du genre de celles qui détruisent. 

J’aimerais tant que ça marche 
que je m’habituerai 
à remettre mon titre en jeu. 
J’aimerais tant que ça marche, 
et je recommencerai, s’il fallait, 
même si je pense qu’on pourrait faire encore mieux. 

Maigrir sans régime – Dr Jean-Philippe Zermati –

Une colonne de feu 2 – Ken Follett –

Elle aurait bien voulu tout de même avoir un homme à serrer dans ses bras la nuit, mais pas au prix de sa liberté. La plupart des maris traitaient leurs épouses comme des enfants, la seule différence étant que les femmes pouvaient travailler plus dur. Peut-être existait-il quelque part des hommes qui ne les considéraient pas comme leur propriété ; en tout état de cause, elle n’en avait jamais rencontré.

Une colonne de feu 1 – Ken Follett –

L’archevêque prit alors la tête du cortège qui se dirigea vers la cathédrale pour la messe nuptiale, suivi des jeunes époux, presque des enfants encore, pris au piège d’une union qui ne pouvait convenir à aucune d’eux. Alison marchait derrière eux, soutenant toujours la traîne. Au moment où ils quittèrent la lumière du soleil pour s’enfoncer dans les ténèbres glaciales de l’immense église, elle songea que les enfants de la royauté jouissaient de tout ce que la vie a de meilleur, hormis la liberté. 

Mistral perdu ou les événements – Isabelle Monnin –

Nan-Goldin-8-300x198© Nan Goldin

Dans les journées qui ne marchent plus, j’entre dans les musées, ils deviennent mes forêts des villes. J’y entends d’autres voix, Louise, Camille, Berlinde, Nan. Elles n’assènent jamais, ni n’exigent rien, elles sont des petites chansons chuchotées, on peut les comprendre sans les avoir apprises, elles ordonnent un peu le chaos sous les paupières, promettant des on fait comme on peut, faire c’est déjà bien.

Les temps barbares 2 – Bruno Dumézil et Hugues Micol –

Les temps barbares 2 - Bruno Dumézil et Hugues Micol -Nos copistes ont affiché le plus grand mépris pour les textes composés à l’époque « barbare ». Il en résulte un phénomène contre-intuitif : les manuscrits médiévaux contiennent plus d’œuvres du Ier siècle que du VIIe ! Et le peu qui a été conservé n’est pas forcément engageant. Pour les Ve, VIe et VIIe siècles, le genre littéraire le plus représenté est celui de la vie des saints. Pour illustrer le miracle des évêques ou des abbés, les auteurs rapportent des guérisons miraculeuses, des résurrections de morts, voire des récits de visites dans l’au-delà. Le surnaturel abonde avec force dragons, monstres et démons. Au XIXe siècle, les historiens qui se sont penchés sur ces textes en ont déduit que les hommes des temps barbares étaient des esprits crédules ou superstitieux, et que toute la période était baignée par l’obscurantisme. Mais ces sources sont-elles représentatives ? La plupart des journaux actuels proposent bien une rubrique de prédictions astrologiques à leurs lecteurs… Que penserait-on sil’on ne conservait de notre époque que ce type de littérature ?

Les temps barbares 1 – Bruno Dumézil et Hugues Micol –

Les temps barbares - Bruno Dumézil et Hugues Micol - Les traces de ces siècles obscurs sont d’autant moins visibles qu’elles n’ont pas été recherchées. Jusqu’aux années 1950, lorsque les archéologues dégageaient un site, les constructions en bois étaient généralement négligées : seuls les marbres, la pierre et éventuellement la brique semblaient dignes d’attention. Autant dire que l’époque romaine était largement favorisée. Par ailleurs, lorsqu’une construction imposante était découverte, on l’attribuait soit à l’Antiquité, soit à l’Empire carolingien : un beau monument ne pouvait appartenir qu’à une période « civilisée ». Ajoutons que les historiens de l’art pensaient que l’état premier d’une construction était toujours le plus intéressant. Par conséquent, jusqu’aux années 1970, les fouilleurs avaient l’habitude de débarrasser les bâtiments antiques de leurs traces d’utilisation médiévale, comme si de nobles édifices avaient été victimes de squatters embarrassants.