L’intelligence animale – Emmanuelle Pouydebat –

418n-QK3CeL._SX195_Emmanuelle Pouydebat est anthropologue et biologiste, chercheuse au CNRS. Dans ce livre, elle se propose d’aborder l’intelligence animale et son évolution dans sa globalité, dans son foisonnement, et non au sein d’une pyramide imaginaire qui tendrait vers la suprématie des primates et des humains en particulier, car la réalité est tout autre.

Il n’y a pas qu’une forme d’intelligence et si l’on considère cette notion à l’échelle des espèces, un critère s’impose : l’adaptation, ou plus précisément la capacité à répondre avec flexibilité aux situations nouvelles et complexes.

De là, Emmanuelle Pouydebat va passer au crible certains préjugés qui tendraient à prouver la suprématie de l’intelligence humaine – l’utilisation, la fabrication d’outils comme signes d’intelligence, la nécessité de posséder un pouce opposable pour se servir desdits outils, … Elle va pas à pas les déconstruire en nous présentant un nombre important d’exemples issus de ses recherches, de celles de ses étudiants ou collègues, qui infirme ces assertions et élargit notre vision du monde animal.

Il faudrait repenser la vie, le droit et l’intelligence des animaux domestiques et d’élevage dont le bien-être et la souffrance sont parfois ignorés. Sans doute faut-il adopter également un autre point de vue à leur égard et dans notre manière de les étudier. Il faudrait alors nous mettre à leur niveau à eux, en nous décentrant nous-mêmes comme la terre a été décentrée au profit du soleil par Copernic.

Son livre est novateur et tellement instructif, tout en laissant la part belle à l’humour et à la démonstration. Certaines espèces sont vraiment surprenantes – d’espièglerie et d’ingéniosité – : vous les regarderez sûrement différemment une fois ce livre refermé…

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J’ai aimé qu’elle nous explique comment est née sa vocation : sa découverte, gamine, d’Yves Coppens et de Lucy… :

Pourquoi Lucy n’est-elle pas un humain ? C’est quoi un humain ? Je veux comprendre le passé pour comprendre le présent. C’est décidé ! Quand je serais grande, je serai Yves Coppens !

son admiration pour Jane Goodall et le fait qu’elle n’hésite pas à citer les étudiants qui ont participé à ses recherches en leur attribuant à tous le mérite qui leur revient. C’est assez rare pour être noté.

Ne vous privez donc pas de ce petit livre, il vous en apprendra beaucoup et vous surprendra encore plus !

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Retour à Lemberg – Philippe Sands –

indexQue nous ayons des droits en tant qu’individus et que ces droits ne puissent être bafoués par le gouvernement du pays où nous vivons, nous paraît aujourd’hui allant de soi. C’est l’inverse qui ne l’est pas et nous fait nous insurger, aujourd’hui, contre certains pays où dirigeants au vu de l’actualité du monde : Qui ne s’est pas inquiété pour le sort d’Asli Erdogan, citoyenne turque ? Qui ne s’est pas demandé de quelles armes juridiques la communauté internationale pouvait disposer pour régler certains conflits dans le monde impactant dramatiquement les civils, et quelles étaient leurs réelles portées ?

Et pourtant, ces droits et les revendications qui en découlent sont encore bien récents et fragiles.

Il y a encore quelques décennies, prévalait partout dans le monde l’entière souveraineté de l’État : libre d’emprisonner, tuer, discriminer ses membres, sans avoir aucun compte à rendre… Beaucoup de pays considèrent encore de nos jours que leur souveraineté est au-dessus de tout, et autant aimeraient que le droit international ne sorte pas du monde des idées.

Avons-nous perdu le sens de l’histoire ? Les États veulent-ils vraiment « reprendre le contrôle » ? Une telle reprise du contrôle entraînerait-elle le retour du droit de traiter les citoyens, ou les étrangers, comme il leur plaît, sans qu’ils soient contraints par le droit international ou obligés par la fidélité aux engagements donnés ?

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C’est cette transition et cette lutte pour inscrire dans le droit international, la notion de crime contre l’humanité, et de façon plus difficile encore, celle de génocide, que nous raconte Philippe Sands, juriste spécialisé dans les droits de l’Homme. Là où Retour à Lemberg est original, c’est que cette trame est soutenue par le récit haletant qu’il nous fait des parcours individuels des membres de sa famille (juifs et donc soumis aux lois raciales nazies) et de la ville de Lviv, berceau de ses origines. Il nous embarque littéralement dans cette (en)quête qui va durer plus de six ans. Six années où son chemin va croiser et mettre en perspective les destins passés ou présents de gens aussi divers que Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin (créateurs des notions de crime contre l’humanité et de génocide), Niklas Frank (fils du gouverneur-général de la Pologne occupée qui fut un ami et fidèle d’Hitler), les accusés et témoins du procès de Nuremberg en passant par l’histoire de ses grands-parents et de sa mère, sans oublier Miss Tilney.

Ce qui nous hante apparemment, ce ne sont pas seulement les morts, ou les vides que laissent en nous les secrets des autres, ce sont aussi leurs histoires.

De nombreuses photographies illustrent son propos et Philippe Sands nomme, date, cite, inscrivant sans relâche les événements qui font, non seulement sens, mais nous touchent profondément car l’écrire, c’est en laisser trace, ne pas permettre qu’ils s’effacent et que nous les oublions. Et le lire, c’est aussi comprendre pourquoi il n’est jamais vain de connaître nos devoirs et se battre pour nos droits, afin de ne pas un jour avoir à se battre pour nos vies…

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4ième de couv :

Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands, avocat international réputé, découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l’histoire universelle. C’est à Lemberg que Leon Buchholz, son grand-père, passe son enfance avant de fuir, échappant ainsi à l’Holocauste qui décima sa famille ; c’est là que Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin, deux juristes juifs qui jouèrent un rôle déterminant lors du procès de Nuremberg et auxquels nous devons les concepts de  » crime contre l’humanité  » et de  » génocide « , étudient le droit dans l’entre-deux guerres. C’est là enfin que Hans Frank, haut dignitaire nazi, annonce, en 1942, alors qu’il est Gouverneur général de Pologne, la mise en place de la  » Solution finale  » qui condamna à la mort des millions de Juifs. Parmi eux, les familles Lauterpacht, Lemkin et Buchholz. Philippe Sands transcende les genres dans cet extraordinaire témoignage où s’entrecroisent enquête palpitante et méditation profonde sur le pouvoir de la mémoire.

Homo Deus : une brève histoire du futur – Yuval Noah Harari –

indexPetit à petit, nous sommes entrés dans une nouvelle ère où nous n’hésitons pas à céder des parts de liberté, de notre indépendance et nos données personnelles et privées, pour pouvoir bénéficier de tout ce que peuvent nous apporter les nouvelles technologies. Et cela bouleversera – si ce n’est déjà le cas – l’organisation du Monde : nos sociétés autant que nos droits fondamentaux d’êtres humains. En tête de ce mouvement, citons les vecteurs et acteurs que sont Google, Facebook, la Silicon Valley et bien d’autres…

Dans le passé, la censure opérait en bloquant le flux de l’information. Au XXIème siècle, elle opère en inondant la population d’informations non pertinentes. Nous ne savons précisément pas à quoi prêter attention, et passons notre temps à débattre de problèmes annexes.

Yuval Noah Harari se propose avec Homo Deus : une brève histoire du futur, de nous livrer quelques clefs pour ne pas nous laisser sombrer dans cet océan de données. Il va déconstruire beaucoup de concepts, de réalités que la plupart d’entre nous considèrent comme acquis ou allant de soi : notre libre arbitre, l’humanisme, la démocratie, … puis nous aider à penser ce qu’implique la révolution technologique que nous vivons depuis si peu d’années au regard de l’humanité, et ce vers quoi elle peut nous mener.

Toutes les prédictions qui parsèment ce livre ne sont rien de plus qu’une tentative pour aborder les dilemmes d’aujourd’hui et une invitation à changer le cours de l’avenir. 

Le grand mystère de la vie, de la connaissance et de l’intelligence fait place à une vérité implacable : Nous sommes tous des algorithmes. Et ceci est la clef ultime, non seulement de la compréhension, mais aussi du bond terrible que va faire l’humanité, vers ce nouvel ordre qui verra l’avènement d’Homo Deus (être humain augmenté qui aura su dompter les technologies à son profit). À moins que ce soit le contraire et que l’être humain connaisse le sort qu’il réserve actuellement aux animaux de consommation (parqués, toute volonté annihilée, en totale privation de liberté et sans aucune prise en compte des besoins physiologique et psychologique essentiels et vitaux), tenu par une main de fer et d’acier totalement indifférente à ce triste sort.

Si le développement technologique de « nos machines » les amène à ne plus être au service de l’humain et leur donne une totale indépendance et déconnexion de l’Homme, mais aussi du vivant, qu’aura-t-elle à faire, cette précieuse technologie, de parasites aussi destructeurs que nous ?

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Au début du XXIe siècle, le train du progrès sort à nouveau de la gare, et ce sera probablement le dernier train à quitter la gare Homo Sapiens. Ceux qui loupent le train n’auront jamais de seconde chance. Pour y trouver une place, il faut comprendre la technologie du XXIe siècle, et notamment les pouvoirs de la biotechnologie et des algorithmes informatiques. 

Si Sapiens : Une brève histoire de l’humanité m’avait sidérée et procurée une intense jubilation intellectuelle, force est de constater qu’Homo Deus est un cran en dessous. Ce qui ne veut pas dire qu’il m’a laissé indifférente, loin de là, mais l’effet de surprise n’était sans doute plus là. Et puis, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs et redites qui ne permettent pas d’atteindre à ce rythme et cette fulgurance de la pensée que l’on trouve dans Sapiens.

Mais cela reste une lecture prenante et tellement intéressante que le maigre aperçu que je donne ci-dessus est loin d’être à la hauteur de tout ce que Yuval Noah Harari présente. La dernière partie m’a réellement captivée et j’aurais souhaité qu’elle soit bien plus importante. Il y a encore matière à de nombreux développements, interrogations et supputations sur notre futur proche.

« Sœurs et Frères humains, nous n’avons pas fini de trembler ! »
versus
« Réveillons-nous ! »

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4ième de couv :

Sapiens retraçait l’histoire de l’humanité. Homo Deus interroge son avenir. Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu’adviendra-t-il de l’Etat providence lorsque nous, les humains, serons évincés du marché de l’emploi par des ordinateurs plus performants ? Quelle utilisation certaines religions feront-elles de la manipulation génétique ? Homo Deus nous dévoile ce que sera le monde d’aujourd’hui lorsque, à nos mythes collectifs tels que les dieux, l’argent, l’égalité et la liberté, s’allieront de nouvelles technologies démiurgiques. Et que les algorithmes, de plus en plus intelligents, pourront se passer de notre pouvoir de décision. Car, tandis que l’Homo Sapiens devient un Homo Deus, nous nous forgeons un nouveau destin. Best-seller international – plus de 200 000 exemplaires vendus en France, traduit dans près de 40 langues – Sapiens interrogeait l’histoire de l’humanité, de l’âge de la pierre à l’ère de la Silicon Valley. Le nouveau livre de Yuval Noah Harari offre un aperçu vertigineux des rêves et des cauchemars qui façonneront le XXIe siècle. Yuval Noah Harari est docteur en Histoire, diplômé de l’Université d’Oxford. Aujourd’hui, il enseigne dans le département d’Histoire de l’université hébraïque de Jérusalem et a remporté le « prix Polonsky pour la Créativité et l’Originalité » en 2009 et en 2012. Acclamé par Barack Obama et Mark Zuckerberg, son ouvrage Sapiens est devenu un phénomène international : traduit dans près de 40 langues et présent dans toutes les listes de bestsellers à travers le monde.

Une vie sans fin – Frédéric Beigbeder –

indexTrès partagée sur cette lecture. Le début m’a vraiment emballée : rythme, pertinence des réflexions (la théorie du selfisme façon Beigbeder vaut son pesant de likes), humour… enfin, je me voyais déjà brandir une foultitude d’étoiles à grand renfort de compliments dithyrambiques, et puis…

Et puis, je me suis lassée.

Lassée de ces visites et déplacements incessants de cliniques en professeurs, de la mise en scène de sa vie, de ce côté people et un peu bobo, qui m’a semblé souvent présent pour contrebalancer un discours qu’il craignait peut-être un peu trop sérieux.

Et pourtant, le sujet est intéressant et on ne peut pas reprocher à Frédéric Beigbeder de n’avoir pas su le développer. Il colle tout à fait aux questionnements que chacun peut avoir face au rendez-vous avec la mort qui semble forcément plus proche à 50 balais qu’à 20 printemps, aux enjeux de la science (et de la finance) face aux balbutiements du transhumanisme. Enfin, balbutiements… Certaines options et recherches, éthiquement condamnées et légalement interdites chez nous, se développent ailleurs et risquent bien de changer la donne de nos sociétés dans quelques décennies.

Tel était le rêve des biotechnogénéticiens : composer une espèce, comme un musicien compose une symphonie.

Le fossé entre les 10 % les plus friqués de la planète qui pourront avoir accès aux bienfaits de ces découvertes et les 90 % des autres (vous et moi) n’a pas fini de se creuser… bon, ça, ce n’est qu’un avis personnel.

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Il fallu rapidement créer de nouveaux collèges pour les « sur-enfants » dont les notations n’étaient pas mesurables avec les moyens d’évaluation ordinaires.
(…)
La suite n’était pas compliquée à prévoir : le génocide des sous-hommes par les machines biologiques était indispensable pour régler le problème de la surpopulation et du réchauffement climatique.

En conclusion, donc, si vous adorez Beigbeder, peut-être le trouverez vous plus sérieux (c’est qu’il arrive quand même à grandir, le bougre), mais cela ne vous empêchera pas de le suivre avec plaisir dans sa recherche du Graal (la vie éternelle) ; et si comme moi, vous n’êtes pas forcément fan du Monsieur, sans pour autant le détester, vous passerez malgré tout de bons moments à la lecture de ce livre et si son côté « moi-je » ne vous dérange pas, ce sera peut-être un sans faute.

Mais dans tous les cas, vous rirez beaucoup ! Et n’est-ce pas un atout précieux face à la perspective d’une vie sans fin ?

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4ème de couv :

« La vie est une hécatombe. 59 millions de morts par an. 1,9 par seconde. 158 857 par jour. Depuis que vous lisez ce paragraphe, une vingtaine de personnes sont décédées dans le monde – davantage si vous lisez lentement. L’humanité est décimée dans l’indifférence générale.
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir. »

 

Hippocrate aux enfers – Michel Cymes –

C’est un sujet difficile qu’aborde Michel Cymes dans Hippocrate aux enfers : celui de l’expérimentation humaine effectuée par des médecins allemands dans les camps de concentration, durant la seconde guerre mondiale. On aimerait croire que tous ces actes de barbarie furent exécutés par des brutes perverses au QI d’imbéciles violents et sadiques qui se seraient auto-proclamés médecins ou scientifiques ; mais malheureusement, la réalité que nous présente Michel Cymes est bien différente. Il y a très peu de médecins ratés ou d’étudiants recalés dans les rangs de ces bourreaux. Beaucoup sont de brillants scientifiques promus à un bel avenir. Et un avenir, ils en ont eu un pour la plupart. Leurs victimes n’ont pas eu cette chance.

Nous pourrions penser que les libérateurs ont fait preuve d’une justice exemplaire. Naïve humanité ordinaire que nous sommes croyant encore à ce sacro-saint idéal… Non. Les alliés ont exfiltré ces scientifiques et profité de leurs savoirs et de leur intelligence pour mener à bien la conquête spatiale, pour ne donner qu’un exemple…

Si l’homme a marché sur la Lune, c’est en prenant son élan depuis le charnier criminel des esclaves de Dora, le camp où est née l’aérospatiale et où sont morts des milliers d’hommes.

Beaucoup d’horreurs dans ce livre. Je ne veux pas m’appesantir, mais vous laisser les lire. Juste un mot : Michel Cymes les aborde avec beaucoup de pudeur et d’humanité. Il dit, sans atténuer ni masquer, mais sans cette insistance qui peut parfois donner cet effet de voyeurisme ; la réalité des faits est assez dérangeante pour le lecteur, sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter.

Hippocrate aux enfers - Michel Cymes -
La question qui sous-tend son propos est simple : Comment en sont-ils arrivés là ? Comment ont-ils pu à ce point violer ce serment ultime et fondateur ? Qui, mieux qu’eux, pouvait ne pas ignorer la valeur d’une vie humaine ? Certes, nous savons tous que l’on peut être le plus intelligent des hommes et le plus fieffé des salauds. Cela n’a rien d’incompatible… mais ce qui est en jeu, surtout ici, c’est la manière de considérer l’autre. Si vous retirez à certains hommes (ou femmes) la qualité d’être humains, peu importe pour quelles raisons, qu’est-ce qui vous empêchera d’en arriver là ? En quoi cet individu que vous aurez soustrait de l’humanité vous semblera-t-il différent d’un animal de laboratoire voué à l’expérimentation ? d’un objet dont vous pourrez disposer à votre guise ?

A l’heure où les droits de l’homme et de la femme stagnent ou reculent dans bon nombre de pays, c’est une question qui fait sens.

Une autre, tout aussi essentielle, est au cœur du débat : beaucoup réprouvent ces expérimentations humaines, mais vous brandissent avec force l’avancée considérable qu’elles auraient permise à la science. Les bras m’en sont souvent tombés. Comme si de cet enfer, pouvait ressortir quelque chose de positif, d’utile pour l’humanité. Je ne savais quoi argumenter en retour. Tant cela me semblait abject. Merci Monsieur Cymes de pouvoir me donner de quoi affirmer que non ! Toutes ces horreurs n’ont pas eu les résultats escomptées et que le peu de résultats probants auraient pu être obtenus sans toute cette barbarie…

Quoi qu’il en soit, de l’immense majorité de ces expériences, rien n’est sorti.
Rien d’autre que la souffrance et la mort.
Rien d’autre que des cris, des hurlements, des suppliques.
Ces cris, je les ai imaginés, je les ai presque entendus.
Ils me hantent encore aujourd’hui.
Qui peut dire qu’on ne les entendra plus ?

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4ième de couv :

«C’était là.
C’est là que tant de cobayes humains ont subi les sévices de ceux qui étaient appelés « docteurs », des docteurs que mes deux grands-pères, disparus dans ce sinistre camp, ont peut-être croisés.
Je suis à Auschwitz-Birkenau.
Il s’agit d’un voyage de mémoire, un pèlerinage personnel que j’ai maintes fois repoussé.
Là, devant ce bâtiment, mon cœur de médecin ne comprend pas. Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but ultime est de sauver des vies et donner la mort aussi cruellement ? Ils n’étaient pas tous fous, ces médecins de l’horreur, et pas tous incompétents.
Et les résultats de ces expériences qui ont été débattus, discutés par des experts lors du procès de Nuremberg ? Ont-ils servi ? Ont-ils été utilisés par les alliés après la guerre ? Que sont devenus les médecins qui ont été « exfiltrés » ?
Quand la nécessité est devenue trop pressante, quand j’ai entendu trop de voix dire, de plus en plus fort, que ces expériences avaient peut-être permis des avancées scientifiques, j’ai ressorti toute ma documentation et je me suis mis à écrire.» Michel Cymes

Médecin spécialiste, Michel Cymes exerce dans un hôpital à Paris. Il est présentateur d’émissions médicales sur France Télévision.

La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres – Susan Blackmore –

La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -Quand Darwin a lancé à la face du monde que « l’Homme descendait du singe », Lady Worcester s’exclama : « pourvu que cela ne soit pas vrai ; mais si cela devait l’être, prions pour que le peuple ne le sache pas ! » Quand Freud a développé sa théorie de l’inconscient, beaucoup l’ont reçue comme les confessions d’un pervers polymorphe. Alors je ne sais pas quel sort, nous, contemporains, réservons à Susan Blackmore, mais c’est clair qu’elle ne doit pas y couper !

En quelques mots, la théorie des mèmes de Susan Blackmore, ça raconte quoi ? L’évolution de l’Homme expliquée à la lumière des mèmes.

Avant de lire Sapiens de Yuval Noah Harari (lecture qui m’a conduite à ouvrir ce livre), je n’avais jamais entendu parler de mèmes. D’ailleurs un mème, Qu’est-ce que c’est ? L’Oxford English Dictionary le définit comme un élément de culture dont on peut considérer qu’il se transmet par des moyens non génétiques, en particulier par l’imitation. (terme créé par Richard Dawkins).

Voilà la solution la plus aboutie de l’énigme de l’évolution humaine : l’imitation qui nous fait apprendre en copiant et améliorant sans cesse ce que nous empruntons aux autres (actions, comportements, idées…).

Nous sommes donc le produit de réplicateurs, c’est-à-dire :

de nos gènes qui viennent de créatures antérieures que nous transmettrons à notre tour si nous nous reproduisons – jusque là pas de problème, c’est acquis pour tout le monde, sauf peut-être pour les créationnistes ;

de nos mèmes, composés de toute cette quantité de réplicateurs qui va des simples bouts d’informations stockées dans nos cerveaux, aux systèmes de pensées et d’idées complexes organisées et structurées, hérités d’autres personnes et que nous transmettrons, à notre tour, en parlant, écrivant et communiquant. Et là, ce n’est pas si facile à accepter !

Les gènes sont des instructions encodés dans des molécules d’ADN et les mèmes sont des instructions enchâssées dans les cerveaux humains.

La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -
Et n’allez pas croire que notre petit Moi intérieur à la main mise sur toute cette cuisine interne. Non ! Il est lui-même une construction du monde mémétique, un moiplexe : Tout ce que nous sommes, nos choix, nos actions, nos pensées… est mue par la force et le pouvoir des réplicateurs. De la même manière qu’il y a une compétition entre les gènes pour arriver à la génération suivante, les mêmes se combattent pour être transmis vers un autre cerveau, livre ou objet.

La culture moderne est le résultat de milliers d’années de sélection mémétique.

Face au dessein biologique des gènes, il y a le dessein culturel et mental des mèmes. Gènes et mèmes étant les deux réplicateurs en jeu dans l’évolution humaine, agissant en interaction les uns avec les autres.
Si vous voulez savoir comment l’auteure arrive à cette conclusion, il ne vous reste plus qu’à lire ce livre !
La théorie des mèmes : pourquoi nous nous imitons les uns les autres - Susan Blackmore -
Voilà ! Maintenant il va nous falloir « digérer », évaluer et analyser tout cela avec les petits mèmes déjà présents dans nos cerveaux et qui risquent fort de ne pas être d’accord pour laisser leur place à ceux de Susan Blackmore !

Nous pouvons continuer à vivre comme la plupart des gens, soumis à l’illusion de l’existence d’un Moi conscient persistant à l’intérieur, qui commande, qui est responsables de mes actes, et qui fait que je suis ce que je suis. ou bien nous pouvons vivre tels des êtres humains, corps cerveau et mèmes, vivant nos vies comme une interaction complexe entre réplicateurs et environnement, sachant que c’est tout ce qu’il y a. Nous cesserions ainsi d’être des victimes du moiplexe égoïste. Dans ce sens, nous pouvons véritablement être libres – non pas parce que nous sommes capables de nous rebeller contre la tyrannie des réplicateurs égoïstes, mais parce que nous savons qu’il n’y a personne pour se rebeller.

Merci à toutes celles et ceux qui m’auront suivie jusqu’ici – pas simple de résumer au mieux l’idée centrale de ces 389 pages, même si le propos de l’auteure est clair, argumenté et bourré d’exemples, le rendant abordable et « digeste ». Elle soumet à la question de nombreuses choses, de la disparition de Neandertal aux récits d’enlèvements par des extra-terrestres – oui, je sais, moi aussi, j’ai tiqué, mais c’est une question qui a fait débat au Royaume-Uni (?) -, elle met en perspective des théories nouvelles et éclaire certaines découvertes, tout cela dans un foisonnement d’idées et d’exemples, qui, qu’on en soit convaincu ou non, est un régal pour l’intellect.

Personnellement c’est la chose la plus folle et sensée que j’ai lu depuis des années (limite, tu te demandes si ce n’est pas de la SF) et mes petits mèmes luttent encore pour survivre face à ce tsunami intellectuel… ou pas.

Pour les plus téméraires d’entre vous (pensez aux sous-titres si besoin) :

 

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4ième de couv :

Qu’est-ce qui distingue les hommes des animaux ? Le langage ? La raison ? La conscience ? La créativité ? Et s’il ne s’agissait là que de leurres ? Et si la spécificité de l’homme, c’était avant tout son incroyable capacité à imiter ses semblables ? Nous sommes, déclare Susan Blackmore, des machines mimétiques contagieuses. Tandis que les gènes utilisent le corps humain dans leur lutte pour la suprématie des caractères physiques, les mêmes colonisent nos cerveaux pour dominer nos comportements, nos habitudes, nos croyances. Or si l’altruisme, la foi, le langage, l’amour, nous sont commandés de l’extérieur, peut-on encore dire que le Moi existe ? Un livre culte qui embrase le monde scientifique international.

Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV – Marc Azéma et Laurent Brasier –

Un livre sur la préhistoire qui n’est pas que « beau » ! J’ai découvert et appris beaucoup de choses en le lisant. Sa composition est originale : partir du plus loin dont nous avons connaissance (il y a 7 millions d’années avec les premiers hominidés bipèdes) et remonter le temps jusqu’à nos jours (2016 et la création du fac-similé Lascaux IV).

Sur plus de 400 pages, Marc Azéma et Laurent Brasier passent en revue les points (et mots) clefs de la préhistoire : une datation et un thème sur chaque double page, d’un côté un texte court, mais riche en contenu, avec à la fin, des renvois vers les autres articles ayant un lien avec le sujet abordé (très utile pour mesurer concrètement les différences ou évolutions) de l’autre une illustration (photos, dessins, peintures…) de très belle qualité et pertinente.

Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -
Cela peut paraître au départ un peu déroutant : pourquoi faire correspondre tel évènement à cette date et pas à une autre ? Comment être sûr de cette datation ? Mais, j’ai trouvé cette classification pertinente dans la mesure où elle nous permet d’avoir un réel ancrage dans le temps et de mettre en perspective, pour la même datation, les évolutions de chaque espèce (semblables ou différentes) en des points parfois très éloignés du globe. On découvre des pratiques similaires aujourd’hui, là où hier cela paraissait impensable : l’existence de rites funéraires, autant chez Neandertal que Sapiens, par exemple.

Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -
J’ai aussi beaucoup apprécié son objectivité : l’information est donnée en tenant compte des découvertes récentes et en n’hésitant pas à émettre des réserves, parfois, au vu des premières conclusions de recherches en cours, non encore synthétisées ou mises en perspective…

Pour exemple d’une découverte récente et assez étonnante : les jouets optiques, il y a 15 000 ans…

Comprenant le principe de la décomposition du mouvement, les hommes du Paléolithique supérieur européen auraient inventé le « thaumatrope », un mécanisme permettant la synthèse du mouvement.

Le beau livre de la préhistoire : de Toumaï à Lascaux IV - Marc Azéma et Laurent Brasier -

Il y a un index en fin d’ouvrage, mais je n’ai pas éprouvé le besoin de m’y référer, préférant lire au fil des pages, me laissant séduire par cette vision accélérée de l’évolution et du temps… Il sera sûrement très utile en relecture.

En conclusion, je ne peux que remercier Babelio et les éditions Dunod pour cet envoi et les belles heures de lecture que ce livre m’a procurées.

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4ième de couv :

Cet ouvrage s’inscrit dans la collection « Les beaux livres du savoir ». Il retrace en 200 étapes la préhistoire de l’humanité, des premiers hominidés bipèdes il y a plus 7 millions d’années à la révolution du néolithique.
De Néandertal à l’homme de Florès, vous suivrez la piste des espèces qui ont croisé nos ancêtres Homo Sapiens.
Du plus ancien foyer dont la trace a été retrouvée en Afrique du Sud aux magnifiques peintures de Lascaux, vous visiterez les sites les plus remarquables au monde.
Au fil des découvertes, vous rencontrerez les plus grands savants qui nous ont révélé l’incroyable histoire de nos origines !

Sapiens : Une brève histoire de l’humanité – Yuval Noah Harari –

Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -Renversant ! Sidérant ! J’ose à peine vous dire que j’ai choisi ce livre sans regarder plus que cela de quoi il parlait, mais attirée par cette couverture à l’empreinte digitale et cette idée préconçue d’avoir en main un essai centré sur nos ancêtres préhistoriques… Que celui qui n’a jamais boycotté les 4ième de couv me jette la première pierre ! Imaginez-donc ma surprise croissante, de page en page : Yuval Noah Harari lamine et éclaire d’un regard nouveau toutes nos certitudes, toutes nos croyances et tout ce qu’on a pu nous apprendre sur, je cite quelques sujets pêle-mêle : la disparition de Neandertal, le mythe du bon sauvage, Dieux (peu importe les noms qu’on leur donne), la révolution cognitive, la science et son idée de progrès, l’argent, les bienfaits du capitalisme et notre quête folle du bonheur, …

Self-made-dieux, avec juste les lois de la physique pour compagnie, nous n’avons de comptes à rendre à personne.

Harari ne refait pas l’histoire (point de révisionnisme dans cette affaire-là), il ne la réécrit pas non plus, il met « simplement » en lien les faits et l’état actuel de nos connaissances d’un point de vue, non pas froidement scientifique, mais historique, sociologique, ethnologique… à la lumière de ce que les derniers millénaires nous apprennent sur les civilisations humaines et l’homo sapiens proprement dit. « Simplement » est un euphémisme : il en faut de l’envergure pour mener à bien un tel projet et intellectuellement savoir et être capable de le réaliser…

Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -
Ce livre nous fait réfléchir sur le monde, notre individualité, nos représentations et nos savoirs acquis… sans nous enfermer dans un système, mais au contraire, en enlevant la chape de plomb ou le voile d’illusion (appelez cela comme vous voudrez) qui maintient chaque individu dans la vision convenue, dominante de l’espèce, en expliquant les mécanismes qui nous ont conduits à ce que nous sommes. Pourquoi Homo Sapiens et pas Néandertal ? Pourquoi l’argent et non le troc ? …

Nous ne vivons pas dans la réalité mais dans un monde sous-tendu par une représentation partagée par la majorité : l’imaginaire collectif dominant devenant une civilisation qui s’étendra tant que l’homo sapiens y accordera crédit ; laissez tomber le rideau et c’est une civilisation qui s’effondre pour laisser place à une nouvelle représentation dominante. Cette capacité innée porte à bout de bras toutes les relations humaines et est la clef de la prédominance de notre espèce sur toutes les autres à travers les millénaires…

Pour changer l’ordre imaginaire, je dois persuader des millions d’hommes de coopérer avec moi. Car l’ordre imaginaire n’est pas un ordre subjectif qui existe dans mon imagination, mai plutôt un ordre intersubjectif qui existe dans l’imagination partagée de milliers et de millions de gens.

Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -Je ne peux que vous inciter à découvrir les nombreuses idées développées par l’auteur, un rien provocateur : on sent clairement qu’il jubile à l’idée de nous savoir à terre, bluffer ou contrarier, amuser ou carrément sceptique, parfois, devant tant d’audace ! Car ce livre ne vous laissera pas indifférent, que vous soyez convaincu par cette brève histoire de l’humanité ou non. N’est-elle pas, comme l’indique son titre, qu’UNE de plus pour les sapiens que nous sommes. Mais est-ce qu’elle sera la votre ? Minoritaire ou dominante, à terme ? Sur quoi débouchera-t-elle ? Une énième civilisation ? Une ultime révolution qui verra la fin de l’homo sapiens, au profit d’autres espèces dominantes, biologiques ou cybernétiques ?

Sapiens : Une brève histoire de l'humanité - Yuval Noah Harari -
Seule l’histoire nous le dira. Cette grande oubliée de l’éducation. D’ailleurs, effacement volontaire ou non ? Stratégie ou faux-pas ?

Voilà, si vous en êtes à vous poser ce genre de questions, c’est que vous avez déjà investi ce nouveau récit fondateur…

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4ième de couv :

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l homme ? À dépendre de l argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

Véritable phénomène d édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d Histoire à l Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage… et notre futur.

« Sapiens s est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu il aborde les plus grandes questions de l histoire moderne dans une langue limpide et précise.»
Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d Effondrement

Guide de Nutrition, l’équilibre alimentaire par le végétarisme – Raphaël Titina –

Voici un des guides les plus complets que j’ai eu l’occasion de lire sur le sujet. Il conviendra à tout professionnel de la nutrition aussi bien qu’à toute personne curieuse dans ce domaine qui souhaiterait avoir des bases solides, ou tout simplement, comme le dit le sous titre de ce livre, « diversifier son alimentation en retrouvant le plaisir du goût ». Raphaël Titina, dans une première partie, commence par nous exposer les bases de la nutrition et de l’équilibre nutritionnel, sans avoir pour autant une approche « trop technique » tout en nous offrant un contenu scientifique de qualité.

Dans une seconde partie, l’auteur aborde les aliments de base de
l’alimentation végétarienne. Il nous liste les apports nutritionnels pour chacun de ces aliments et les bienfaits à en tirer. Ce point de vue permet à ceux qui rechercheraient une autre forme d’alimentation de façon « épisodique » (simplement pour varier leur alimentation ou découvrir d’autres saveurs et une autre cuisine), ou à ceux qui voudraient être confortés dans ce choix du végétarisme ou s’assurer de leur équilibre nutritionnel, d’avoir toutes les données pour pouvoir en juger et choisir en toute connaissance de cause.

Guide de Nutrition, l'équilibre alimentaire par le végétarisme - Raphaël Titina -
Dans Guide de nutrition : l’équilibre alimentaire par le végétarisme, on ressent beaucoup également l’influence de l’Inde. Qu’est-ce que l’Ayurveda ? Quels sont les bienfaits du Ghee et quel est cet aliment miracle dont la pensée indouiste nous dit que « c’est de l’or ! » ? Vous saurez tout cela en ouvrant ce livre…

J’aurai quand même mis une petite année à en faire le tour. Je ne l’ai pas lu d’une traite mais petit à petit au gré de mes envies et du choix des aliments à cuisiner.
Un guide à lire puis à consulter…

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4ième de couv :

Cet ouvrage à vocation pédagogique vous aidera à y voir clair parmi les approches alimentaires contradictoires, en privilégiant une alimentation végétarienne fondée sur les préceptes de la science indienne de l’Ayurveda. L’auteur y restitue page après page ses convictions de végétarien qu’il développe régulièrement dans ses conférences et ses ateliers de cuisine. Cette pertinente association de la diététique occidentale et de la médecine ayurvédique donne au contenu de ce livre une valeur inédite au sujet du végétarisme, une référence. Nul doute que vous trouverez dans cette lecture les aliments qui vous conviennent, appropriés à votre tempérament personnel, propres à stimuler votre vitalité et à régénérer votre capital santé.

Penser l’islam – Michel Onfray –

Penser l'islam - Michel Onfray -Bible, Coran, Torah : même combat !

Oui, je sais. C’est un peu provoc comme entrée en matière, mais c’est surtout pour signifier que penser qu’Onfray fait le procès à charge de l’islam, c’est oublier bien vite que son discours est le même pour toutes les religions dès qu’elles sortent de la sphère privée dans le but de dicter les lois de la cité.

Michel Onfray éclaire le débat en le resituant et pointe du doigt une polémique stérile dont le dessein est plus d’annihiler la pensée et de faire taire ceux qui veulent la voir naître, à grand renfort d’anathèmes…

Je continuerai à dénoncer ces impostures. Ils continueront donc à me traiter de fasciste, d’antisémite, d’islamophobe, puis d’islamophile, enfin de compagnon de route de l’État islamique… Plus c’est gros, mieux ça passe !

…et d’images terribles tournant en boucle sur nos écrans. La peur et la terreur font le bonheur des médias. Je vous laisse apprécier ses réflexions à ce sujet… elles sont pertinentes !

Faudra-t-il bientôt demander l’autorisation de penser quand le pouvoir médiatique exige la compassion ?

Penser l'islam - Michel Onfray -
On ne peut lui opposer une méconnaissance des textes religieux. Contrairement à beaucoup, il a lu et étudié ce dont il parle. Et sa conclusion est la même que pour d’autres religions : on y prône aussi bien l’amour, le respect de la vie et de son prochain, que la haine, le droit et le devoir de tuer les mécréants comme les impies. Il appartient aux musulmans de penser ces « contradictions ».

Là où cela devient franchement intéressant et où il ne s’est sûrement pas fait que des amis, c’est quand il pointe du doigt les origines de la montée de l’islamisme radical en France et de la présence du terrorisme sur notre territoire. Sans tout lister (ce n’est pas le but), je n’en relèverai que quelques unes : le refus de la reconnaissance de la souveraineté des peuples et l’ingérence de l’État français. Au nom des droits de l’homme ?

Mais pourquoi donc cette loi ne se trouve-t-elle jamais appliquée ailleurs que dans des pays dont le sous-sol est intéressant pour la France ?

Ces éléments de discours sont assez radicaux, et même (voire surtout) si on ne les partage pas ou peu, ils ouvrent le débat.

A lire aussi ces passages sur le choc des civilisations en œuvre dans cette guerre qu’on pense « de religion » et l’instrumentalisation de cet islam radical dans un but révolutionnaire.

L’interview menée par Asma Kouar, journaliste algérienne, autant par ses questions, qui reflètent la pensée du monde arabe sur la manière dont est jugé et reçu l’islam en occident, que par les réponses d’Onfray, est vraiment passionnante et à elle-seule justifie la lecture de ce petit opus.

Penser l'islam - Michel Onfray -
On ne changera pas Onfray. Il est égal à lui-même. Mais, qu’on l’adore ou qu’on l’abhorre, il ouvre là un débat que beaucoup renoncent à mener, sans langue de bois ni discours convenu tout droit sorti du « politiquement correct » !

J’ai appris par Beatson sur le forum Babelio qu’un livre au sujet dérangeant Le fascisme islamiste de Hamed Abdel-Samad, ne paraîtra pas en France, faute d’éditeur (les droits sont achetés, mais… Je vous laisse lire le reste et vous faire votre propre opinion Ici).

Quand les faits donnent raison à Onfray…

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4ième de couv :

«Il est difficile, ces temps ci, de penser librement et encore plus de penser en athée. Affirmer que les idéaux de la philosophie des Lumières sont toujours d’actualité nous fait paradoxalement passer pour des réactionnaires, des islamophobes, voire des compagnons de route du Front National assimilé au fascisme.
Dans un monde qui prétend en masse «Je suis Charlie», Voltaire revenu passerait pour un défenseur du fanatisme! C’est le monde à l’envers.

Je me propose de réactiver la pensée des Lumières dans ce « Penser l’Islam ». Non pas le penser en faveur ou en défaveur, ça n’est pas le propos, mais en philosophe.
Je lis le Coran, examine les hadiths et croise avec des biographies du Prophète pour montrer qu’il existe dans ce corpus matière au pire et au meilleur: le pire, ce que des minorités agissantes activent par la violence, le meilleur, ce que des majorités silencieuses pratiquent de manière privée. Comment la république doit-elle considérer ces deux façons d’être musulman? Y-a-t-il des relations et des points de passage entre minorités agissantes et majorités silencieuses, sachant que l’histoire est faite par les premières, pas par les secondes?
Ce livre remet également en relation ce qu’il est convenu d’appeler le terrorisme avec la politique étrangère islamophobe menée par la France derrière l’OTAN depuis des années. Nous nommons barbarie ce que nous ne voulons pas comprendre.
L’islam terroriste a été partiellement créé par l’occident belliqueux. Les choses ne sont pas aussi simples que ce que, de part et d’autre, on voudrait nous faire croire. D’où la nécessité de se remettre à penser. Sur ce sujet comme sur d’autres.»