Le Seigneur des Anneaux, Tome 3 : Le Retour du Roi – J.R.R. Tolkien –

index– Voilà. C’est fini.
– Tu as enfin franchi le pas ! C’est pas trop tôt non ? Depuis le temps qu’il traînait dans ta biblio !
– Il traînait pas. Il était en attente… Nuance ! J’ai tout fait, tu sais, pour ne pas en finir. Je l’ai relégué au fin fond de ma PAL pour ne pas voir s’afficher ce foutu mot fin ; mais il y a bien eu un moment où je pouvais plus reculer…
– Je sais pas comment tu fais. Moi, je ne peux pas attendre. Quand ça me plaît, peu importe que ça fasse deux ou quinze tomes, je les aligne à la suite et vas-y ! Je n’en sors pas avant d’avoir lu la dernière ligne !
– Bah, moi tu vois, c’est tout le contraire. J’ai pas envie d’en finir. Je le mets un peu à distance, comme ça je me dis que j’en ai encore un sous le coude. Un petit précieux à lire. Et puis, je pensais que le meilleur moment pour l’ouvrir serait Noël. Alors j’ai patienté…
– Et alors, t’en as pensé quoi ?
– Ça ne s’entend pas quand je t’en parle là comme ça, mais je peux t’assurer que mon petit cœur de guimauve a dégusté : il a souffert mille tourments dans les nombreuses batailles, il a failli pas repartir à plusieurs reprises et tu le connais, parfois il a un peu déconné…
– Déconné ?!?images
– Bah oui, quoi ! Il lui a pas fait de cadeau à Frodo ! Je ne te raconte pas le nombre de fois où il a eu envie de lui coller un bon coup de pied au cul pour qu’il se bouge et reparte. Je te le dis : j’ai honte pour lui. Que veux-tu, il a oublié le pouvoir de l’anneau ; il a oublié tout ce qu’il a pu en baver ce petit hobbit. J’avais beau le lui répéter, rien n’y faisait, c’était toujours « Sam ceci, Sam cela »… enfin bon, mon petit cœur de guimauve, il a tendance à trouver que le vrai héros, c’est pas celui qui s’est trimballé l’anneau… Puis, je te cache pas qu’il a eu du mal à s’attacher à Faramir, bien que toute ma tête lui disait :  « c’est un bon gars, pas un taré comme son père, alors, vas-y quoi, fais-lui confiance, au moins un peu, tu verras bien ce qu’il a dans le ventre… »
– Attends là ! Mais Faramir, c’est un personnage fabuleux. Il doit gérer la perte de son frère, un père qui flanche au moment où tout le monde compte sur lui, qui se laisse aller à la colère et à la folie… Il fait ses preuves, s’accroche et ne lâche rien ! Je l’adore moi, Faramir !
images– Oui, je sais. Mais mon petit cœur grenadine, il n’a pas encore fait le deuil de Boromir. Alors à Faramir, il a eu du mal à lui ouvrir ses portes. Faut dire : Boromir quand même ! La marche était haute ! Et puis, petit à petit, il lui a fait une place. Puis, y a eu la fin. J’ai eu peur que ça l’achève pour de bon. Je ne te raconte pas après, la vie de dingue qu’il m’aurait menée…
– Oui, la fin. Je m’en souviens comme si c’était hier et pourtant je l’ai découverte quand j’étais môme ! Ça date, je sais, tu vas me dire. Mais il y a des fins qui ne s’oublient pas… et celle-là, je l’ai rejouée tellement de fois dans ma tête, dans mes rêves ! Je ne voulais pas les laisser partir pour les Havres. On savait tous que dès qu’ils quitteraient la rive, ils seraient foutus. Combien de fois j’ai supplié l’esprit de Tolkien de ré-écrire juste ça ! Ou au moins de me laisser Frodon. Au moins un ! Mais non… J’étais môme, je te dis. Mais je ressens encore tout cela. Même maintenant, ça brûle encore…
– Je comprends. Je voulais pas rouvrir la blessure…
– Justement ! Tu sais quoi ? On va aller se regarder le premier film. Enfin, seulement si tu m’assures qu’on mettra pas un an avant de voir le suivant !
– Vas-y, moque-toi… Mais t’inquiète, on va faire mieux que ça : On va se faire une nuit Tolkien ! On commencera par Bilbo, s’il le faut, mais je t’assure qu’on va y passer la nuit !
– Ok, mais on ne dit rien aux gamins ! Pas de blague…
– Ça marche !

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¤ ¤ ¤
4ième de couv :

Avec « Le Retour du Roi » s’achèvent dans un fracas d’apocalypse les derniers combats de la guerre de l’Anneau.
Tandis que le continent se couvre de ténèbres, annonçant pour le peuple des Hobbits l’aube d’une ère nouvelle, Frodon poursuit son entreprise.
Alors qu’il n’a pu franchir la Porte Noire, il se demande comment atteindre le Mont du Destin. Peut-être est-il trop tard : le Seigneur des Ténèbres mobilise ses troupes.
Les Rohirrim n’ont plus le temps d’en finir avec le traître assiégé dans l’imprenable tour d’Orthanc ; ils doivent se rassembler pour faire face à l’ennemi.
Tentant une fois de plus sa chance, Frodon passe par le Haut Col, où il sera livré à l’abominable Arachné. Survivra-t-il à son dangereux périple à travers le Pays Noir?

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La passe miroir, tome 2 – Christelle Dabos –

La passe miroir, tome 2 - Christelle Dabos -Et bien voilà, je viens de finir le tome 2 dans la foulée : quel bonheur !

Quel bonheur cette passe-miroir ! Tous les personnages prennent de l’ampleur et l’histoire ne perd rien de son intérêt et de sa tension. Bien au contraire. On a toujours un peu cette crainte, quand on attaque le second tome d’une série à succès qu’on a aimé, qu’il ne soit pas à la hauteur, que l’auteur ait cédé à je ne sais quelles sirènes ou trompettes de la renommée. Là, que nenni ! C’est qu’on la sent « droite dans ses bottes », Christelle Dabos. Elle déplie, tisse, façonne avec le plus grand soin et sa prose et son intrigue !

Pas de « laissez pour compte », ses personnages s’étoffent et les familles se dessinent petit à petit au sein de cet univers qu’on devine créé par un Dieu aussi mystérieux qu’inquiétant. Mais on est encore sûr de rien ! Ophélie, vice conteuse à la cour ne sait comment mener de front cette nouvelle fonction, s’en se faire « dévorer » par les manigances de la cour et l’indifférence de Thorn. Et ce Farouk à la mémoire digne d’une Dory dans Nemo dont les caprices font la pluie et le beau temps, qui n’en finit pas de s’accrocher à son chaînon manquant…

Allez, je n’en dirais pas plus ! Si ce n’est que je vais maintenant être comme beaucoup d’autres avant moi : impatiente et fébrile en attendant la suite.

¤ ¤ ¤

« Chaque homme devrait avoir le droit de jouer sa vie aux dés. Ils génèrent des résultats aléatoires qui dépassent toutes les prédéterminations. Cela n’a plus aucun sens si les dés sont pipés. »

« Ophélie le dévisagea avec un mélange de répulsion et de pitié, comme si elle avait devant elle un sinistre directeur de pompes funèbres.
– Je n’aimerais vraiment pas vivre dans vos souliers.
Thorn était un homme si peu expressif qu’Ophélie interpréta d’abord sa raideur immobile comme une attente ; quand elle s’aperçut qu’il la fixait intensément sans plus ciller ni respirer, elle comprit que, en réalité, elle lui avait coupé le souffle.
– Je vous concède qu’ils ne sont pas très confortables, finit-il par articuler au bout d’un très long silence. Un peu plus que cela, même. »

« – Tu sautes des repas, tu découches toute une nuit, tu te fais agresser et tu t’étonnes après de tourner de l’œil ? C’est une armée entière de marraines qu’il te faut, gamine. »

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4ième de couv :

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Faërie – J.R.R. Tolkien –

Faërie - J.R.R. Tolkien -Une belle lecture commune que cette faërie ! J’ai pris mon temps pour le lire ce livre. Je pense ne pas me tromper en disant que j’y ai consacré quelques semaines. J’avoue ne pas avoir accroché à la dernière partie sur les contes de fées. Ce n’est pas qu’elle ne m’a pas intéressée, mais j’avais l’envie de rester dans les aventures de dragons, de chevaliers et de trésors enfouis dans des grottes inaccessibles… enfin, loin de la théorie. Les yeux de nouveau emplis de mes rêves et des mondes merveilleux de mon enfance !Faërie - J.R.R. Tolkien -

Je me dis, qu’il faudrait que je m’y replonge dans quelques temps, car c’est bien dommage d’être passée à côté. Il s’agit du grand Tolkien, tout de même ! Cela mérite de s’attarder et d’y retourner, la tête libérée de mes rêveries de gosse nostalgique…

J’ai adoré Feuille, de Niggle. Si vous ne devez en lire qu’une, c’est cette histoire-ci ! Je me suis même payée le luxe de la lire une seconde fois : Quel bonheur ce Niggle ! Peintre du dimanche, comme on dit parfois, mais peintre fou de ses pinceaux, de ses dessins et mélanges, complètement investi et obnubilé par son projet : peindre une à une les feuilles, chacune dans sa spécificité, sa forme et sa couleur particulières. Oublier l’arbre, sans voir que feuille après feuille, il se construit : gigantesque et merveilleux ! Mais voilà ! Niggle doit, comme tout un chacun avant lui, « faire un long voyage » !

Bientôt, la toile prit une telle dimension qu’il dut se procurer une échelle : et il montait et descendait pour ajouter une touche par-ci ou effacer une tache par-là. Si quelqu’un venait le voir, il se montrait assez poli, tout en tripotant un peu les crayons de son bureau. Il écoutait ce que les gens avaient à dire : mais, intérieurement, il ne cessait de penser à la grande toile abritée dans le haut hangar qu’il avait construit dans le jardin.

Jusqu’au jour où on vint le chercher pour ce sacré voyage… 

C’est un peu de mon âme d’enfant que j’ai retrouvée en lisant Faërie. j’aurai tant aimé avoir une petite tête brune ou blonde à qui lire ces trois histoires…

Merci à toi, Ange, pour ce beau et merveilleux voyage.

Et comme je n’ai ni perdu ce sentiment du merveilleux, ni la joie du bonheur qui va avec, j’ose conclure ainsi :

On dirait qu’on est tous  amis et chercheurs d’or
Et qu’on sait vaincre les dragons du dehors
On dirait qu’on s’est tous libérés de nos chaînes
Et qu’on est plus fort que les plus vieilles nos peines
On dirait que nos vies ne partent plus en braises

Et que les contes et les chasses aux trésors nous apaisent…

¤ ¤ ¤
4ième de couv :

 

Aux frontières indécises des régions hantées par les  » Hobbits « , non loin du pays imaginaire d’Alice, il existe un  » Petit Royaume  » de la vieille Angleterre où vivait un géant à barbe rousse nommé Gilles de Ham.  » Ham n’était qu’un petit village, mais, en ces temps lointains, les villages étaient fiers et indépendants.  » Ainsi commence le premier de ces trois récits horrifiants et sublimes ( » Gilles de Ham « ,  » Smith de Grand Wootton  » et  » Feuille de Niggle « ) qui entourent l’œuvre maîtresse de Tolkien. Avec la précision des poètes et le sérieux des historiens et des géographes, le célèbre professeur d’Oxford nous ouvre des mondes oubliés et immémoriaux et nous replonge au cœur de notre enfance. Tolkien est un magicien.

La Horde du Contrevent -Alain Damasio –

La Horde du Contrevent -Alain Damasio -
Entrer dans le Vent
Comme dans un merdier hurlant
Le vent dans la gueule
Engluée dans sa pâte épaisse
Contrer, Contrer, Contrer sans cesse.

Le vif à fleur de peau, seule
Sentir les chrones au dessus de sa tête
Et partager ce rêve ténu, cette chimère
Atteindre un beau jour le bout de la Terre.

Ribambelle errante, encore unis pourtant
Noués, noués par les tripes
Horde après Horde
Scribe après Scribe
on commence à comprendre :
La vie, c’est le combat, c’est le vent.

J’étais à nouveau émerveillable.

A quoi bon raconter ?
Il n’y avait pas à discuter, juste à saluer. Et se taire.

¤ ¤ ¤
4ième de couv :

 Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromètre et géomètre, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.
Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d’un même feu l’aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d’un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d’un pinceau, d’une caméra ou d’une arme…
Chef-d’œuvre porté par un bouche-à-oreille rare, le roman a été logiquement récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire.

Royaume de vent et de colères – Jean Laurent Del Socorro –

Un attentat se fomente dans les rues de la ville. Au nom de Dieu, des hommes vont mourir et la cité va être mise à sac. Paris au XXIe siècle ? Non. Marseille au XVIe. 1596 : La cité phocéenne conteste la légitimité du Roi de France et s’auto-proclame République indépendante. Marseille, la catholique face à Henri IV, le huguenot : le décor est posé, mais les cartes ne sont pas encore tirées.

Elles sont toutes là, dans une même main dès le prologue, et ne demandent qu’à être abattues :

– Gabriel : Chevalier de sang et de misère, j’ai choisi la vie en donnant la mort. Tant et tant. Que je n’aspire à plus rien d’autre. Ce sera la dernière. Victoire. J’ai beau regarder le ciel, droit devant, debout, la tête haute, j’ai un genou à terre…

« Je vis en ermite depuis si longtemps que les mots m’ont déserté. »

– Victoire : Je suis née au combat, brandie comme un étendard par une Patience à la volonté de fer. Le couteau à la ceinture et la Rapière à la main, je sais comment tailler les chairs. Tu ne bronches déjà plus devant la faible femme que je ne suis pas. Ça aide, le sang sur les mains pour attirer le respect. Je ne suis pas dupe, va ! Je sais. La Guilde attend toujours mon heure…

«Nous ferions pourtant un si beau couple d’assassins tous les deux. »

– Silas : Approche ! Et montre-moi de quoi tu es capable, Bourreau. Je te le rendrais au centuple. Tu crois mener la danse. Tu crois être passé maître dans l’art de manier la souffrance. Tes yeux jubilent. Profites-en bien. Tant qu’ils sont encore deux.

« Fouette-moi autant que tu veux, aucune explication ne sortira de ma bouche. Les plaies se referment et les os se ressoudent, mais enlève-moi l’honneur et je ne vaudrais guère plus qu’un chien. »

– Armand : Il nous faut fuir, Roland, et abandonner l’Artbon. Seras-tu assez fort pour résister à son appel ? Nous prendrons le chemin de Marseille. Puis nous embarquerons. Ils ne nous penseront pas assez fous pour faire ce choix-là. Et peu importe ce que nous ferons. Puisqu’il y aura toujours la mort au bout…

« Il n’est jamais trop tard pour se tromper. »

– Axelle : Je ne suis pas mère. Je règle mon pas sur le pas de mon père. L’espadon dans mes deux mains, à faire voler les têtes, j’apprends. J’apprends à maîtriser la colère. Gilles, penses-tu avoir fait taire en moi, la révolte et la haine ? La fortune et sa roue, le chariot dans les mains, je regarde l’Aube qui se réveille. Je ne suis pas ma mère…

« La peur je l’ai avalée. Dans ma bouche, dans ma gorge, elle me tombe tout au fond du ventre, jamais digérée.»

– Gabin : C’est la chanson du gamin qui a perdu son « aime », c’est la chanson que me fredonnait ma mère, du temps où j’en étais encore un. Je croque à pleines dents dans la pomme offerte par un mort et m’accroche à la roue de la fortune. Je sers les habitués, essuie les tables et disperse les poussières des routes. Je fais le pari de la vie et regarde l’espadon accroché au mur…

« Une moitié d’homme en guenille ».

Jean-Laurent del Socorro nous offre là un Royaume de vent et de colères qu’on peine à lâcher. La structure du livre atypique désarçonne au départ mais très vite, elle donne un tel rythme à la lecture, qu’on y adhère totalement. J’ai aussi beaucoup aimé le choix de la narration à la première personne, chaque personnage se succédant pour nous livrer « sa » vérité, son histoire. L’auteur est un roliste. Aucun doute à avoir sur cette affirmation, quand on voit avec quel soin il a travaillé ses perso : ils trimbalent tous leurs univers et ont une « vraie » présence et pourraient faire l’objet chacun d’un autre roman sans aucun problème. Et pas de demie mesure pour les personnages féminins : Chez del Socorro, point de gourdasses effarouchées, mais de vrais portraits de femmes, qui ne sont pas là pour distraire, faire joli ou tapisserie !

Bon, vous l’aurez compris, j’ai complètement accroché à ce Royaume de vent et de colères, premier roman aux éditions Actusf, suivi d’une nouvelle et d’une interview de l’auteur qui permettent de prolonger la découverte.

Et dans le ciel de mes coups de cœur, elles scintillent encore :
Cinq étoiles. Une par doigt.

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Jean Laurent Del Socorro – Librairie Mollat :

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4ième de couv :

1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme.Les pions sont en place.Le mistral se lève.La pièce peut commencer. Placé entre l’Histoire et la fantasy, ce premier roman de Jean-Laurent Del Socorro est époustouflant de maîtrise et d’érudition.

« Jean-Laurent Del Socorro ferre son lecteur et lui murmure à l’oreille : « voici pile l’histoire qui te manquait pour retrouver le goût de la littérature ». » Ugo Bellagamba (préface)

Les voies d’Anubis – Tim Powers –

Franchement, j’ai beau chercher. Je ne vois pas ce qu’il lui manque.
Ce livre a tout pour lui.

Si vous ne l’avez pas encore lu, ne perdez pas votre temps à lire ce qui suit et jetez vous dessus. La surprise et le plaisir de lecture n’en seront que plus vifs, plus envoutants. Et qu’est-ce que cela pourra bien vous apporter de plus que je vous donne quelques clefs ?
 

Les voies d’Anubis de Tim Powers n’est pas un livre dans lequel on entre par une seule porte ni par des chemins détournés. Vous vous le prenez en pleine face, et c’est à peine s’il vous laisse le temps de reprendre votre souffle, de respirer entre deux chapitres, qu’il vous en colle une autre bien sentie, mettant à mal votre plexus solaire, histoire de bien vous faire comprendre que vous n’arriverez pas à le classer et encore moins à le lâcher comme cela.

« À Xanadu, Kubilaï Khan se décréta
Un fastueux palais des plaisirs :
Où s’engouffraient les flots sacrés d’Alphée,
Par des grottes à l’homme insondables
Jusqu’aux abîmes d’une mer sans soleil. »

Kubla Khan, Poème de Samuel Taylor Coleridge, dont l’histoire dit qu’il a été inspiré par les fumées d’opium inhalées par son auteur.

Naïf lecteur. C’est oublier bien vite la traversée des bas-fonds, l’esprit aux aguets, perdu dans les tunnels. C’est passé sous silence Brendan Doyle, Lord Byron, William Ashbless et leurs Kas

Il y a des livres que l’on repose sur l’étagère et dont on redécouvre la tranche quelques semaines ou mois plus tard, en se demandant bien ce qu’ils font là. Et il y en a d’autres qui continuent longtemps après les avoir lus, à vous faire de l’œil sur leur linéaire. Brillants d’une sorte d’aura, ils vous appellent, vous attirent et vous ne pouvez pas passer devant sans sourire d’un air entendu, sans les prendre à nouveau dans vos petites mains fébriles et les feuilleter pour tomber au gré du hasard, sur :

« Il avait toujours pensé que la croyance populaire selon laquelle une maison explorée en rêve est la représentation de l’esprit du dormeur recelait une once de vérité mais si, maintes fois, il avait rôdé dans les étages de sa demeure psychique, il n’avait jamais visité les catacombes de ses caves. »

à moins que ce ne soit :

« Le temps, reprit-il sur un ton solennel, le temps est comparable à un fleuve qui roule sous une couche de glace. Il nous étire comme si nous étions des plantes aquatiques, de nos racines vers l’extrémité de nos tiges, de notre naissance vers notre mort, et se courbe autour des roches ou des souches qui se présentent au long de son cours ; et nul ne peut échapper à ce fleuve à cause du toit de glace qui le surplombe et nul ne saurait le remonter à contre-courant, ne fût-ce qu’un instant. »
Vous savez que s’affiche sur votre visage, cet air de connivence que tout lecteur entretient, au fil du temps, avec ces petits rectangles de papier qui n’ont rien d’innocent.
Puis vous le reposer délicatement, ému et comblé, jusqu’à la prochaine fois…

Little darling, the smiles returning to the faces
Little darling, it seems like years since it’s been here
Here comes the sun, here comes the sun
and I say it’s all right

¤ ¤ ¤
4ième de couv :

Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d’imaginer qu’il ne va pas tarder à le rencontrer en personne… en 1810 ! Car après avoir accepté l’offre d’un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l’Histoire ?

Mêlant les thèmes du voyage temporel, du mythe du loup-garou et de la magie noire égyptienne dans le Londres victorien, ce roman qui a remporté les prestigieux prix Apollo et Philip K. Dick, est le grand classique à l’origine du steampunk.

« Une intrigue diaboliquement efficace, une ingéniosité grisante et un rythme d’enfer : ce roman est une performance de virtuose, un feu d’artifice aveuglant. » LONDON TIMES

Tim Powers est né en 1952 aux États-Unis. Ami intime de Philip K. Dick, inventeur du steampunk, génie de l’histoire occulte, son ardu suspens, sa fougue picaresque et son humour ont conquis un vaste public. Il a obtenu au cours de sa carrière de nombreuses récompenses, dont plusieurs World Fantasy Awards. Il vit en Californie.

Wastburg – Cédric Ferrand –

Wastburg : La cité où il ne fait pas bon vivre ! Et pourtant. On saigne, on meurt et on castagne dur pour elle.
« Wastburg (…) était simple à vivre. Pas de passé trouble, pas d’avenir faussement prometteur : la cité n’offrait que du présent. Et ça, (on) pouvait le toucher du doigt. »

La tour des Majeers est l’ultime vestige qui reste de Magie entre les murs de la Cité. La déglingue a tout emporté avec elle. Alors, on évolue dans ce monde de soudards où Cédric Ferrand fait la part belle aux personnages masculins (j’ai pas souvenir d’avoir vu pointer ne serait-ce que l’ombre d’un minois féminin sur plus d’une page), entre déglingue et filouterie, trahison et fraternité, secrets et mensonges…, avec dans les narines l’odeur du sang et de la merde. Car Wastburg, c’est avant tout, cela : un univers de crasse et de violence porté par toute une galerie d’hommes d’armes et de guerre, de pouvoir ou de rien, plus prompts à sauver leurs peaux et leurs combines que préserver la cité et ses habitants.
Voilà ce à quoi je m’attendais et que j’ai eu plaisir à découvrir tout du long de ma lecture.Par contre j’ai eu plus de mal avec ce qui, sans le style de l’auteur, aurait été clairement une déception : la structure du roman. Elle est complètement déstabilisante les cent premières pages, et là je crois que, soit on s’accroche et continue la lecture, soit on referme le livre. Il n’y a pas dans Wastburg, vous savez, ce ou ces quelques personnages qui vous accompagnent tout du long du roman, à qui il arrive « des choses » (appelez cela comme vous voulez : aventures, drames, …) et que vous pouvez suivre de façon plus ou moins linéaire, dans ce qu’on serait tenté d’appeler « une histoire »…
Nenni ici. Rien de tout cela. Vous commencez à vous accrocher au premier larron venu, quelques pages plus loin, il est rétamé : « Circulez, y a (plus) rien à voir ! » Vous vous dîtes « c’est pas bien grave, en vlà un autre, tout juste là dans le début du second chapitre » et puis, mine de rien, celui-là aussi il se fait la malle. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout ce petit monde, qui n’a pas bien l’air décidé à vous laissez lire tranquilou, ceci dit en passant, vous offre l’image d’une Wastburg qui se délite et essaie de sauver les meubles, croquée par une plume qui ne laisse pas indifférent. 

Passée la surprise des premières pages, je l’ai lu un peu comme un recueil de nouvelles qui aurait un thème commun : Wastburg ! Et la 4ième de couv accrocheuse, limite racoleuse pour les amoureux de la plume et l’univers de Jaworski, n’est pas non plus pour rien dans ce sentiment mitigé.
Il aurait fallu le laisser venir à nous avec humilité, ce premier roman de Cédric Ferrand, sans vouloir orienter notre lecture à grand renfort de comparaison, qui à mon avis, le dessert plus qu’autre chose.
(Cela se veut flatteur, mais c’est carrément « casse-gueule » !)

Alors, je me dis que je n’en resterai pas là et que cet auteur mérite qu’on continue à faire un brin de chemin avec lui, quitte à prendre le risque de le laisser continuer seul. Et peut être serais-je séduite par le prochain au point d’oublier cet arrière-goût de « filouterie » qui nous reste à la dernière page refermée, quand nous nous trouvons de nouveau nez à nez avec la 4ième de couv ?
Affaire à suivre donc !

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4ième de couv :

Wastburg, une cité acculée entre deux royaumes, comme un bout de bidoche solidement coincé entre deux chicots douteux. Une gloire fanée qui attend un retour de printemps qui ne viendra jamais. Dans ses rues crapoteuses, les membres de la Garde battent le pavé. Simple gardoche en train de coincer la bulle, prévôt faisant la tournée des grands ducs à l’œil ou bien échevin embourbé dans les politicailleries, la loi leur colle aux doigts comme une confiture tenace. La Garde finit toujours par mettre le groin dans tous les coups foireux de la cité. Et justement, quelqu’un à Wastburg est en train de tricoter un joli tracassin taillé sur mesure. Et toute la ville attend en se demandant au nez de qui ça va péter.

Roman à facettes, Wastburg propose une vue en coupe d’une cité médiévale macérant dans une fantasy crépusculaire où la morale et la magie ont foutu le camp. C’est comme si San-Antonio visitait Lankhmar. Après La Voie du cygne de Laurent Kloetzer et Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, se dessine une véritable école de la « crapule fantasy ».

Cédric Ferrand fait vivre des univers de jeu de rôles (Sovok, Brumaire, Vermine, Nightprowler…), écrit des nouvelles et lit tout ce qui lui passe sous la main. Il vit désormais à Montréal, dans la plus complète schizophrénie linguistique et culturelle.

La stratégie des as – Damien Snyers –

La stratégie des as - Damien Snyers -Pour décrocher la partie, il vaut mieux avoir quatre as bien planqués dans sa manche. Et même si on ne sait pas encore quelle stratégie on va adopter, rien que de les savoir là, tout frais et dispos, bien au chaud, cela sent déjà la Gagne.

C’est sans doute ce que se sont dits Nihkto et Astur, lorsqu’ils ont recruté James, Jorg, Elise et Mila pour ce qui s’apparente bien au casse du siècle. Enfin recrutés, ferrés serait le mot juste. Car pour deux de cette joyeuse bande d’arnaqueurs, l’enjeu n’est pas qu’un sacré paquet d’oseille : « le Rein ou la vie », tel pourrait être leur ultimatum. Rien à voir avec un greffon ! Ce rein-là est une pierre mystérieuse au pouvoir qui semble, à première vue, plus relevé du mythe que de la réalité.

Mais tout est possible dans l’univers créé par Damien Snyers…

Ce que j’ai aimé :

– la gouaille de James, l’elfe et narrateur de ce récit.
– Retrouver des personnages-types de l’univers de la Fantasy, mais en décalage avec l’idée qu’on peut s’en faire : L’elfe à la gueule d’ange, qui parle comme un charretier et gagne sa vie en sifflant des bières dans des concours de « captain glouglou » et Jorg, le troll, qu’on devine sous cette montagne de muscles, avec un petit cœur tout mou.
– Voir aborder certains sujets comme l’exclusion, le racisme, la société régie par l’appartenance sociale, l’argent, et une caste d’initiés qui dicte les lois… Toute ressemblance avec…, (je vous fais grâce de la suite).
– Découvrir un mélange de « codes » et « d’univers » parfois un peu surprenant (ce que découvre James à la cave, les plans et repérages pour mener à bien ce casse, la magie et un savoir ancestral détenu par un petit groupe de privilégiés, l’indic mis à contribution…) qui n’ont pas grand-chose à voir les uns avec les autres et qui pourtant, fonctionnent bien.
– cette idée du club des moitiés.
– L’édition en elle-même (si, si, cela fait partie du plaisir de lire !) : couverture superbe, et les bonus qui vont avec : interview de l’auteur et nouvelle sur un personnage qui ne demandait qu’à être développé, tout du long du récit. Ça, cela mérite d’être signalé ! C’est un peu comme le chocolat et le sablé emballés servis avec le café : c’est pas une obligation, mais tu applaudis quand on te l’apporte sur un plateau ! (un clap-clap intérieur, j’entends, cela va s’en dire, hein ?! Même si cela va toujours mieux en le disant…)

Ce qui m’a laissé un peu sur ma faim :

– J’aurai aimé que les personnages soient un peu plus développés, étoffés.
– la magie, l’univers steampunk sont présents, mais pas assez marqués à mon goût. (je sais, vous allez me dire, je chipote…). Vous aurez pas tort. Je chipote. Mais j’aurai bien aimé quelques pages sur les mages et leurs ratés (oui, oui, ils en font, eux aussi, faut pas croire !), sur les calèches à vapeur et l’éclate totale aurait été d’évoluer dans une bibliothèque qui aurait été à l’image de ce qu’elle renferme. J’avoue : il m’a bien botté tout ce passage sur ce « délestage » culturel.La stratégie des as - Damien Snyers -

Bon, deux moins dans tout cela, ça pèse pas grand-chose !
À me relire, je me dis qu’à la vérité c’est surtout que j’aurai souhaité 100 pages de plus…

Si je devais conclure sur une seule chose, je dirais : Damien Snyers est un auteur dont je suivrai l’actualité pour découvrir ce vers quoi il va nous embarquer après ce premier roman prometteur.

Et en toute fin, je ne peux manquer de remercier Actusf et Babelio pour sa masse critique imaginaire, à qui je dois cette lecture, sans oublier Charlotte Volper pour ses quelques mots bien sympathiques, accompagnant le livre…

¤ ¤ ¤
4ième de couv :

Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Humains, elfes, demis… Tous les mêmes. Mais très peu pour moi. Alors quand on m’a proposé ce contrat juteux, je n’avais aucune raison de refuser. Même si je me doutais que ce n’était pas qu’une simple pierre précieuse à dérober. Même si le montant de la récompense était plus que louche. Même si le bracelet qu’on m’a gentiment offert de force risque bien de m’éparpiller dans toute la ville. Comme un bleu, j’ai sauté à pieds joints dans le piège. L’amour du risque, je vous dis. Enfin… c’est pas tout ça, mais j’ai une vie à sauver. La mienne.

Le seigneur des anneaux, tome 2 – JRR Tolkien –

– Attends ! J’ai peur de comprendre là. Tu es en train de me dire que tu n’es pas venue hier parce que tu voulais finir un bouquin ? C’est ça ?
– Bah oui. Mais c’est pas un vulgaire bouquin. C’est le
– On s’en fout de ce que c’est ! Liza ! Tu nous a laissé en plan.
– Non, mais si. Enfin, tu comprends, c’est pas rien. C’est le tome 2 du
– Non mais je rêve ! La dernière fois c’était un article à finir, l’avant dernière fois, tu devais poster une critique, et cette fois-ci, tu restes chez toi pour bouquiner pendant qu’on trime avec nos transcriptions. C’est pas sérieux, ça, Liza ! Si tu continues comme ça, on va faire comment pour tout boucler en juin ?
– Je te jure, je les ai travaillés mes textes. J’ai deux-trois blancs qu’il faut que je comble, mais c’est rien, je t’assure !
– La dernière fois que tu nous a dit ça, on a trimé pendant trois plombes.
– Écoute ! Attends, je te jure écoute cela, et tu vas comprendre. je te jure que tu vas comprendre !
– Qu’est-ce que tu fais ?
– Attends j’te dis !
– Non/mais/je/LE/crois/pas ! t’es en train d’allumer ta liseuse… Ah, non ! Pitié ! Tu vas pas recommencer à me faire la lecture ? Laisse tomber. Cela va aller. On va s’arranger.
– Écoute, je te dis. Au lieu de râler ! Franchement ! Là ! C’est autre chose encore. Je te jure ! Dieu sait que c’était beau, Matilda, Serpentine, Mélanie Fazi. J’ai adoré, ça, c’est sûr. Mais, là, on est ailleurs. On est… enfin écoute, je te jure, là, on est dans une autre dimension.
Il FAUT que tu écoutes ça :
[Alors j’ai commencé à lire – Livre 4ième, milieu du chapitre 8 -]


« Je n’aime rien du tout ici, dit Frodo, marche ou pierre, souffle ou air. L’air, la terre et l’eau semblent toutes trois maudites. Mais notre chemin est ainsi tracé. (…) Il fut un temps où je pensais qu’ils y allaient de plein gré, tous ces gens merveilleux dans les histoires, parce qu’ils le voulaient, parce que c’est excitant et que la vie est un peu monotone – comme un divertissement, si vous voulez. Mais c’était pas du tout ça, pour les histoires qui comptaient vraiment, ou celles qui nous restent en mémoire. Les gens s’y retrouvaient malgré eux la plupart du temps, on dirait ; leur chemin était tracé de cette façon-là, comme vous dites. Mais je gage qu’ils ont eu une foule d’occasions, comme nous, de faire demi-tour, seulement ils l’ont pas fait. Et s’ils l’avaient fait, on n’en saurait rien, parce qu’ils seraient oubliés.

[et j’ai continué avec tout ce passage sublime ou Sam n’aspire qu’à une chose : voir la fin du conte arriver et se reposer. Tout en se demandant, s’ils feront un jour, eux aussi, partie d’une histoire écrite dans un grand livre que les pères liront à leurs enfants]

Toi et moi, Sam, nous sommes encore coincés dans les pires moments de l’histoire, et il est à peu près certain que des gens diront à ce stade : “Referme le livre, papa ; on ne veut pas savoir ce qui va se passer.”

– Le seigneur des anneaux ? C’est le seigneur des anneaux ! Tu t’es mise à lire le seigneur des Anneaux ? Je le crois pas…
Dis rien ! C’est la nouvelle traduction ? Oui, c’est bien ça ! C’est la nouvelle traduction…
Et tu me dis rien ! Qu’est-ce que tu en penses ?
– J’ai ad
– ça m’étonne pas ! Quand je pense que depuis des années, tu n’as jamais voulu ouvrir le moindre bouquin de fantasy et là, toi, dans ton coin, tu te mets à lire l’incontournable, LA référence absolue. Et dire que t’es même pas venue avec nous voir les films ! D’un autre côté c’est pas plus mal. C’est toujours ce que je dis, c’est pas ce qu’il y a de mieux de voir l’adaptation avant d’avoir lu le livre. Cela te bouffe tout ton imaginaire, cela t’impose des images qui ne seront pas forcément les tiennes. Les bonnes. Tu veux que je te dise, Liza ? Tu réalises pas la chance que t’as ! Tu dois t’éclater à lire ça… Qu’est-ce que j’aimerai être à ta place. Qu’est-ce que j’aimerai l’oublier, ce livre, pour pouvoir le découvrir avec un oeil neuf… Sentir la présence écrasante des Ents dans la peau d’un hobbit et errer dans la forêt de Fangorn.


Et les premières pages des deux tours : Boromir… J’en ai encore des frissons, tellement tu as envie de le retenir encore, et cette barque, ultime demeure qui file sur l’eau et qu’on doit laisser partir. Tout est tellement beau, tellement juste. Ah ! Que d’émotions, j’ai laissées accrocher à cette quête. Ce seigneur des anneaux, je crois pas avoir ressenti ça avec un autre livre, ou tout du moins, pas aussi intensément. Et la nouvelle traduction, faut être honnête, ça lui a redonné un sacré pep’s ! quand Sam se met à gueuler sur Araigne !

« Maintenant, amène-toi, ordure ! (…) T’as fait mal à mon maître, sale brute, et tu vas payer. On continue notre route ; mais faut en finir d’abord avec toi. Viens, donc, viens déguster une deuxième fois ! « 

– Y a pas c’est quand même autre chose. D’ailleurs pour le Gollum ? Tu y as cru ? Et Gandalf ? Non, ne me dis rien, te connaissant, t’as plongé. T’y croyais, avoue. T’y croyais ?


– Franchement oui… J’étais persua

– Je m’en doutais ! La première fois que je l’ai lu, moi aussi.
Mais bon, j’avais douze ans…
(…)
– Tu sais, il va falloir que je te laisse. J’aimerai bien écrire ma critique ce soir. c’est pas que
– Laisse tomber. Sur ton babelmachin, une critique de plus ou de moins sur un chef d’œuvre pareil, cela va rien changer.
-Non, je sais bien, mais c’est le principe : tu lis un livre et tu postes une critique pour partager avec la communauté, tes impressions, bonnes ou mauvaises, ton avis et ce qui
– Franchement Liza, il doit y en avoir combien déjà ? Faut qu’on avance là, sinon on va jamais s’en sortir…
– Bon mais c’est vraiment parce que hier je ne suis pas
– Et puis tu verras, on a commencé à bosser sur la Tour-du-Meix. ça va pas trop te dépayser. Tu seras dans ton élément… Ah ! Ah ! Ah !

Le seigneur des anneaux, tome 2 - JRR Tolkien - Photo non libre de droits

(Je crois bien qu’il se fout de moi…)
– – –

Voilà ! J’avais deux choix : Mentir ou faire amende honorable et dire la vérité pour mon absence injustifiée d’hier.
J’ai choisi la seconde option…

(J’aurais sans doute dû étudier de plus près la première ?)

¤ ¤ ¤
4ième de couv :

Les Deux Tours, deuxième partie du Seigneur des Anneaux, poursuit le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, lancés dans leur périple en Terre du Milieu. Avec Merry et Pippin, le lecteur plonge dans les batailles entre les Orques et les Cavaliers du Rohan. avant de rencontrer l’Ent Fangom ; avec Aragorn, Gimli et Legolas, il assiste incrédule au retour de Gandalf ; avec Frodo et Sam, il suit Gollum le long des chemins périlleux qui mènent vers le royaume du Mordor, le seul lieu où l’Anneau pourrait être détruit. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par J. R. R. Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 16 illustrations d’Alan Lee, entièrement renumérisées, d’une qualité inégalée, ainsi qu’une carte en couleur de la Terre du Milieu.

Bilbo Le Hobbit – J.R.R. Tolkien –

Maman, mais qu’est ce que tu es en train de lire ?
– Tu vois bien : Bilbo le Hobbit.
– Mais, tu sais que je l’ai lu quand j’étais en primaire !
– Bah, oui et alors ?
– Tu as 45 ans et tu lis Bilbo ?
– Déjà, j’en ai 44 encore pendant un mois ! Merci ! Et puis, je t’ai dit que j’allais lire de la Fantasy, alors je lis de la Fantasy.
– Tu lis Bilbo, mais tu lis pas Pratchett ! Pourquoi tu ne lis pas du Pratchett ?
– Parce que je commence par les bases !
– Et bien dans ce cas-là, il faudrait que tu lises les deux derniers tomes du seigneur des anneaux. Tu as lu le premier, tu n’as pas lu les autres…
– Je sais, mais j’attends la sortie du tome 3 dans la nouvelle traduction.
– (soupir d’incompréhension couplé à une certaine forme de désespoir, non transcriptible en langage écrit, mais dont l’auteure de la critique ici présente, qui n’en a que le nom – de critique, bien sûr -, peut certifier de la justesse d’interprétation).
– …
– Et alors, cela te plaît, Bilbo ?
– ça me rassure ! Cela t’intéresse quand même ! Et bah, j’aime bien ! C’est clair qu’on sent bien que cela a été écrit pour des enfants, mais c’est justement ce qui en fait son charme. Je me laisse porter par l’histoire et suis les aventures de Bilbo avec bienveillance, car je sais que c’est un livre fondateur. Et c’est plaisant de retrouver la genèse de ce que j’ai pu lire dans le premier tome du seigneur des anneaux. Le Gollum, par exemple. J’attendais ce passage avec impatience. Je suis presque déçue, car je pensais qu’il serait plus long. C’est fou l’imagination ! Mais, le lien est fait. En deux temps trois mouvements, Bilbo a l’anneau dans sa poche ! Cela tient à rien ! Quand tu réalises tout ce qui va en découler. Dans l’univers de Tolkien, mais pas que. Et depuis les années 30…
Combien de livres écrits pour des enfants sont encore en tête des ventes 80 ans plus tard ? A part peut-être « le petit prince ». Et t’en connais beaucoup des adultes qui se replongeraient dans la littérature jeunesse de cette époque ? Imagine, à la pause café :
« – Et tu lis quoi en ce moment ?
– Je dévore « le Père Castor à la ferme », c’est un truc de dingue !! Faut que j’arrive à le finir avant ce week end, car j’ai promis aux gamins qu’on regarderait le film, et j’aimerai vraiment pas l’avoir vu avant de finir le livre. Tu comprends, c’est pas pareil après.
– C’est clair. ça gâche tout !! »


Bon, j’arrête là ! Avant que vous ne pensiez, si ce n’est déjà fait, que cette critique part à vau-l’eau et que cela devient du grand n’importe quoi ! Mais franchement, qu’est-ce que je pouvais apporter de plus que tous ces nombreux lecteurs qui ont chroniqué ce livre avant moi ?
Un peu de vécu et une petite pointe d’humour…
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«  – Dis, tu vas le lire quand même un jour, Pratchett ?
– Oui, chéri. Je vais le lire un jour. C’est promis ! »

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4ième de couv :

 Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible et sans histoire. Son quotidien est bouleversé un beau jour, lorsque Grandalf le magicien et treize nains barbus l’entraînent dans un voyage périlleux.
C’est le début d’une grande aventure, d’une fantastique quête au trésor semée d’embûches et d’épreuves, qui mènera Bilbo jusqu’à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug …

Prélude au Seigneur des anneaux, Bilbo le Hobbit a été vendu à des millions d’exemplaires depuis sa publication en 1937, s’imposant comme l’un des livres les plus aimés et les plus influents du XXᵉ siècle.