Hortense – Jacques Expert –

Jacques Expert commence son récit sur la déposition du commissaire chargé de l’enquête de la disparition d’Hortense, une petite fille arrachée à sa mère par son père biologique et restée introuvable depuis 1993. L’histoire se passe en 2015. Puis, nous découvrons Sophie, la mère de la gamine, à la vie déchirée qui n’a eu de cesse depuis toutes ces années de retrouver sa fille… 

Voilà ce que je suis devenue. Rien. Même pas un fantôme. Un fantôme, on finit toujours par le voir. Moi je ne suis rien, depuis une éternité, et cela m’indiffère.

L’auteur va alterné, dans de courts chapitres assez denses, les dépositions, les points de vue de Sophie, d’Hortense, et ainsi de suite jusqu’au dénouement final, dont je ne vous dirais absolument rien ! 

Mon avis sera donc court car je n’ai aucune envie de vous priver du plaisir de lire ce livre. Une chose est sûre, si comme moi vous vous laissez embarquer, vous ne pourrez plus le lâcher… Et quand j’apprends en plus que l’auteur s’est inspiré d’un fait divers, je ne peux que m’interroger sur le destin de cette femme et me demander si sa fille restera – ou non – toute sa vie dans l’ignorance ? Si elles finiront un jour par être réunies ? Parfois la réalité dépasse la fiction…
C’était mon premier Jacques Expert. Ce ne sera pas le dernier ! 

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4ème de couv : 

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.
2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle. La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?
Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.


 

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Les âmes englouties – Susanne Jansson –

L’histoire commence simplement : Nathalie Ström, revient sur ses terres natales pour finaliser sa thèse en biologie. Elle loge dans une petite maison, près d’un vieux manoir. Elle fait rapidement la connaissance d’un étudiant en art qu’elle va mettre à contribution pour effectuer toute une série de mesures scientifiques dans la tourbière. Jusqu’au jour où elle le sauve d’une mort certaine…

Une enquête est menée par un policier pas vraiment motivé ; la photographe sous contrat aux affaires criminelles, Maya, est bien plus décidée à faire éclore la vérité… Car, peu à peu, les cadavres remontent à la surface, si j’ose dire, sortent les uns après les autres de la tourbe. Et pourtant, rien n’indique qui pourrait en être responsable. La tourbière a tout englouti, les preuves comme les corps et que dire des âmes ? C’est là tout le nœud et l’intérêt de ce récit…

Les tourbières sacrificielles avaient la réputation d’être à la fois dangereuses et sacrées. Un lieu à craindre et à vénérer en même temps.

Devant ces événements, le passé de Nathalie prend peu à peu sens. Elle qui ne s’est jamais vraiment confiée ni libérée de son histoire, se rend compte qu’elle va devoir affronter toutes ces choses et que tout cela est peut-être lié…

Susanne Jansson installe dès les premières pages une ambiance assez fantasmagorique… Les paysages de tourbières, les personnages assez froids et distants, suspicieux souvent, prennent corps sous sa plume. On a vraiment l’impression de se frayer un chemin dans les tourbières avec l’angoisse d’être happée par cette terre mouvante en cas de faux pas… 
A découvrir !  

Je remercie les éditions Presses  de la Cité pour l’envoi de ce livre sans oublier Babelio et ses opérations masse critique.

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4ème de couv : 

Surgie des tourbières scandinaves, une nouvelle voix du polar nordique

Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au coeur d’une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu’elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l’époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d’un serial killer, Göran, ancien 
professeur de physique, est convaincu que l’endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l’ombre vont se mêler… et de nombreux secrets seront déterrés. 

Angoissant et précis, un thriller atmosphérique à la rare puissance suggestive, qui conjugue tentations surnaturelles, croyances populaires, explications scientifiques et fines analyses psychologiques.

L’heure des fous – Nicolas Lebel –

418C3XqaeEL._SX210_Je ne sais plus lequel ou laquelle d’entre vous me l’avait fait rajouter à ma PAL – faut dire que vous êtes de sacrés tentateurs. Enfin, c’est ce que je me tue à vouloir expliquer régulièrement à mon banquier. Non sans mal. Que voulez-vous, il aime les chiffres, moi les lettres… – mais une chose est sûre : c’est que je ne regrette pas que Titiseb me l’ai choisi pour cette pioche du mois de janvier. Je me suis régalée avec cette heure des fous !

Que dire ? L’intrigue commence sur un fait divers qui en règle générale ne tarde pas à finir rapidement dans les affaires classées – avec ou sans suites – : un SDF est poignardé devant témoins sur les rails d’une voie ferrée de la gare de Lyon, à Paris. Le capitaine Mehrlicht et son équipe sont chargés de l’affaire et encouragés à en finir vite ! Là où les choses prennent une autre ampleur, c’est quand il s’avère que le SDF en question n’en est pas vraiment un. Qu’était-il venu chercher sur ces rails ? Est-ce que sa mort à un lien avec son boulot, ou est-ce tout simplement la faute à pas de chance ?

Vous me direz « rien de bien exaltant ou différent des scénarios qui fleurissent ici ou là dans les romans policiers » ; certes, mais ici, l’auteur nous a gâté avec un style, un humour et des références qui nous dessinent un joli sourire de contentement sur le visage. Quand Audiard s’invite en cours d’audition, qu’Hugo te toise du haut de son piédestal dans la cour de la Sorbonne, et que tu te retrouves les deux pieds dans la boue des égouts de Paris, à chercher désespérément ce dont je ne vous dirais rien, y a pas ! Ça donne tout de suite le ton ! Et que dire de l’équipe qui mène l’enquête : du capitaine à l’inspecteur stagiaire – oups, lieutenant – , en passant par le fondu du code pénal et la lieutenante Latour, tous ont une personnalité originale et un caractère bien ciselé…

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Du coup, je pense ne pas trop tarder à me procurer la suite, d’autant que j’ai quelques wagons de retard car Nicolas Lebel en est maintenant à son cinquième roman. J’espère que le suivant sera à la hauteur…

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4ième de couv :

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

 

Pour quelques grammes d’éternité – Philippe Dumont –

Pour quelques grammes d'éternité - Philippe Dumont - Pour quelques grammes d’éternité vous emmène en septembre 1948 à Bruxelles et dans sa banlieue cossue d’Ixelles. Le commissaire Van Geluwe enquête sur un suicide peu commun : celui d’un évêque, qui se serait pendu après s’être crevé les deux yeux. Van Geluwe ne peut se résoudre à classer l’affaire en suicide, même si tous les indices convergent en ce sens.

Le commissaire va peu à peu lever le voile sur les raisons qui ont conduit l’homme d’église au suicide et faire la lumière sur ce mystérieux cercle « Les amis du Temps », regroupant des collectionneurs fortunés, prêts à tout pour acquérir la plus belle pièce de collection…

L’écriture est posée et nous emmène peu à peu vers un récit fantastique dont on ne sait trop, jusqu’à la chute finale, s’il naît de la réalité ou de l’esprit dérangé de certains de ses protagonistes. Le commissaire Van Geluwe m’a bien souvent fait penser à son célèbre collègue : le commissaire Maigret. Peut-être pour cette bonhomie qu’il affiche, sa façon d’envisager l’enquête et ses relations avec « son » inspecteur et binôme ; mais je dirais surtout, pour cette passion pour la bière avec toutes les Gueuze Lambic qui l’accompagnent au fur et à mesure de l’enquête… 

Pour quelques grammes d'éternité - Philippe Dumont - J’ai également apprécié les petites pointes d’h umour que Philippe Dumont égraine ici ou là. Seul petit bémol, j’aurai aimé parfois un peu plus de dynamisme dans le déroulement de l’histoire ; mais cela ne gâche rien à ces quelques grammes d’éternité…

Merci à Babelio et à ses opérations Masse critique, ainsi qu’aux éditions Séma : ce fut une agréable lecture !

La mort de Santini : L’histoire d’un père et de son fils – Pat Conroy –

La mort de Santini : L'histoire d'un père et de son fils - Pat Conroy -J’ai fini hier soir ce si beau livre. Très émue après l’avoir refermé, par l’éloge funèbre de Pat Conroy, pour son père martyrisant, égoïste à l’extrême, enfin, un père comme personne ne souhaiterait en avoir et que tout fils – ou fille – sensé fuirait comme la peste et laisserait à ses turpitudes, dès son indépendance gagnée. Mais pas Pat Conroy !

 Le récit qu’il fait de son enfance, sacrifiée, de ses relations familiales et de tous les excès de violence de son si célèbre père – Colonel des marines, aviateur multi-décoré, héros de trois guerres qui ont secouées l’Amérique – est captivant.

Je ne pouvais pas supporter l’idée d’avoir écrit un roman de cinq cents pages seulement parce que j’avais besoin d’aimer mon père. Il ne m’était jamais venu à l’esprit que j’étais né avec un besoin d’aimer mon père. Que mon père puisse un jour faire en sorte de m’aimer me paraissait le fantasme le plus fou.

Et pourtant… Je suis restée bien souvent interloquée, incrédule, devant sa capacité à « pardonner », a toujours aimé ce père qui a mené à la dépression – voire à la folie – la majorité de ses enfants.
Je ne sais si c’est par faiblesse ou par grandeur d’âme qu’il ne rejette pas son géniteur. Sans doute, faut-il l’avoir vécu pour savoir quelle serait notre réaction : fuite et rejet, à l’image de Carol Anne, la sœur poète de Pat, qui « crache » tout ce qu’elle peut, au point d’en devenir folle, sur cette famille toxique et ses bourreaux – père et mère confondus, sans oublier Pat, fidèle défenseur d’une mère qu’elle exècre – , suicide comme Tom le dernier de la fratrie ou pardon et réconciliation comme le reste des sept enfants ? 

La mort de Santini : L'histoire d'un père et de son fils - Pat Conroy -Je n’ai pu m’empêcher de me poser cette question, mais cela n’enlève rien – au contraire – à l’intérêt et à la découverte de ce livre et de cet auteur. C’est un récit personnel  – l’histoire aurait été tout autre racontée par Carol Ann, notamment quant à la figure maternelle, que Pat met sur un piédestal, là où on devine que la réalité était bien souvent tout autre… Mais ce n’est pas seulement cela : l’auteur nous donne une vision forte et juste « du sud », de la ségrégation et des combats menés pour en sortir, de ce racisme et de cette violence latente qui explique pour beaucoup les traits de caractère de ses parents, même si cela n’excuse rien.

Nous nous étions retrouvées au sein d’une famille dans laquelle personne ne nous avait montré comment aimer. Pour nous, l’amour était un cercle et un labyrinthe dont tous les passages et les culs-de-sacs étaient gardés par des monstres, créés par nous mêmes.

J’ai aimé aussi, suivre au fil du récit, l’écriture et la sortie des livres de Pat Conroy, découvert avec ce livre, l’impact sur sa famille, sa ville et cet incroyable revirement que fut le tournage du film « Le Grand Santini » !

Est-ce là un des nombreux pouvoirs de la création artistique, de l’art ?

La mort de Santini : L'histoire d'un père et de son fils - Pat Conroy -

En tout cas, ce fut un beau moment passé en compagnie de cette famille plus que déjantée et une belle découverte littéraire que je poursuivrai avec « le prince des marées » qui va venir grossir ma PAL.

Un grand merci à Babelio et aux éditions du Nouveau Pont pour l’envoi de ce livre.

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4ième de couv :

« J’ai détesté mon père bien avant de savoir qu’il existait un mot pour la haine. »

Ce livre en forme de mémoires se lit comme un roman. Pat Conroy, auteur acclamé du Prince des Marées, revient ici sur sa relation avec son père, pilote de chasse émérite chez les Marines mais patriarche maltraitant sous son propre toit.

Aîné d’une fratrie de sept enfants trimbalés de base aérienne en base aérienne à travers tout le Sud des États-Unis, Pat témoigne du lourd tribut payé par tous du fait de la cruauté du père. Mais La Mort de Santini est un livre de réconciliation. Père et fils avaient fini par trouver un terrain d’entente et ce père tant haï lui manqua terriblement après sa mort. Dans ce récit passionnant, c’est toute la destinée des Conroy que l’auteur passe au crible, y compris celle de sa mère Peg, la ligne de vie qui le reliait à un monde meilleur, celui des livres et de la culture.

De sa belle plume d’écrivain du Sud, parsemée d’humour, Pat Conroy nous emmène des Appalaches jusqu’à l’Irlande, en passant par Chicago et par sa bien-aimée Caroline du Sud.

Le Village – Dan Smith –

C’est à une véritable traque que nous convie Dan Smith dans le village. Dans les steppes ukrainienne, sous un paysage de neige et de glace, Luka part, avec ses deux fils et son beau-frère, à la recherche d’un voleur d’enfant. La petite Dariya a été enlevée peu après le massacre d’un homme que Luka avait trouvé dans la neige, mourant, traînant derrière lui un bien triste équipage : les corps de deux enfants mutilés, vraisemblablement dépecés pour se nourrir de leurs chairs. Luka n’a plus qu’une obsession, arriver à temps pour sauver la gamine… Mais voilà, le voleur d’enfant apprécie ce jeu macabre et bien vite, on ne sait plus qui est chasseur ou chassé…

Nous sommes encore des êtres humains. Quoi que nous fassions, quoi que nous voyions, quoi qu’il arrive dans ce pays, il ne faudra pas l’oublier. Nous sommes encore des êtres humains. Il ne faudra jamais l’oublier. Parce que si nous oublions ça, tout sera perdu.

Le Village - Dan Smith -

C’est un livre d’atmosphère, plus que d’action, mais ce n’est pas pour autant qu’on arrive à s’en détacher plus facilement. Son propos marque et dérange : j’avoue qu’en règle générale, je n’apprécie pas les récits qui mettent en scène la douleur, et encore moins la torture d’un enfant et si en plus, vous y rajouter le cannibalisme, je suis plutôt certaine de fuir… Mais là, je me suis laissée vraiment prendre au collet par ce récit : Il y a une montée en puissance de l’angoisse qui est vraiment bien dosée et maîtrisée par l’auteur, qui vous met rapidement mal à l’aise, mais cela a été plus fort que moi : il fallait que je sache si Luka allait réussir à ramener Dariya chez elle. Si vous avez lu Le village, vous mesurez la naïveté qui est la mienne. Si ce n’est pas encore fait, je vous laisse découvrir tout ce que je ne peux vous dire…

Il fallait que je voie les visages de ces hommes qui venaient de me donner tout ce qu’ils avaient. Des hommes qui ne savaient rien de moi et qui pourtant m’offraient tout. Et je fus frappé par le fait que, même en des temps aussi durs, il pouvait exister de brefs moments de douceur qui nous élevaient au-dessus de la fange et de la mort.

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4ième de couv :

En 1930, dans le village ukrainien de Vyriv. Luka, vétéran de la guerre de Crimée et ses deux fils recueillent un homme inconscient qu’ils trouvent dans la steppe enneigée. Dans son traîneau gisent deux corps d’enfants atrocement mutilés. La panique s’empare des villageois…

Quand sort la recluse – Fred Vargas –

Quand sort la recluse - Fred Vargas -Toujours avant d’ouvrir le dernier Vargas : cette crainte que la magie n’opère plus, cette volonté de ne pas se laisser emporter par cette aura entourant ses livres, capable de nous ôter tout esprit critique, sous prétexte que « c’est du Vargas » ! Faire table rase de toutes les étoiles d’avant. Remettre les compteurs à zéro et se lancer.

Ça y est. J’y suis. Je le tiens entre mes mains. Ce n’est pas que j’hésite à le commencer, mais plutôt que je savoure l’instant. Un Vargas, c’est comme un bon vin. Ça se regarde, ça se hume, ça se rêve, avant d’entamer la première phrase. Les premiers mots…
Quand sort la recluse - Fred Vargas -

Il y a une part de féerie dans l’écriture de Vargas, une injonction à ne plus douter, à se laisser porter et accepter son univers : celui où les recluses sortent de leur tanière, où les vieilles dames surfent sur internet avec autant de dextérité qu’un jeune geek, où les chats se portent au pied des gamelles et où les framboises se picorent pour ne pas crever.

– Raconte-moi cette femme qui t’a offert une araignée morte.
– Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans te bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
– Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
– Je l’ai déjà sur les épaules. Louis.

Quand sort la recluse - Fred Vargas -

La magie opère. Perdue à travers les brumes, je suis les pensées évanescentes d’Adamsberg, les regarde se disperser doucement pour petit à petit laisser affleurer quelques vérités du passé. J’ai envie de botter le cul de Danglard, rajouter quelques ingrédients à la garbure, chercher la cellule et creuser la terre, amusée par ce nouveau visage de la Rétancourt… Je savoure doucement la lecture, me délectant des nouvelles inventions, bizarreries et trouvailles de l’auteure.

Mais ne vous y trompez pas : la noirceur des âmes n’a d’égale que la pesanteur des bulles qui naviguent entre deux eaux neuronales du cerveau de notre cher commissaire.

C’est souvent, quand on a eu un enfer, qu’on en parle et on en parle, comme s’il fallait le tuer tous les jours. Vous me suivez ? Qu’on en parle même en rigolant, comme si ç’avait été un paradis. Le bon vieux temps, quoi. Et eux, leur enfer, (…) ils l’appelaient « La Miséricorde ».

Alors oui ! Vargas fait du Vargas. Mais c’est tellement bon, qu’on laisse le livre à porter de main, pour mieux rêver du prochain…

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4ième de couv :

« – Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ? »

Les larmes de Pancrace – Mallock –

Attention ! Chronique d’une lectrice conquise qui ne va pas tarir d’éloges sur sa dernière découverte en date : Les larmes de Pancrace de Mallock ! Allez, je vous aurai prévenu. C’est parti :

Pour commencer la couverture est belle. Oui, je sais. C’est pas le plus important, mais reconnaissez tout de même qu’il est toujours plaisant d’avoir un beau bouquin à la main.

Passons au contenu : l’intrigue ! Car, oui, il y en a une. C’est un roman policier, que diable ! Au départ, je n’étais pas plus emballée que cela par le vignoble bordelais (ne me jetez pas la pierre, SVP, mais quand vous êtes entourée de personnes qui bossent dans La Vigne, de quoi vous finissez toujours par parler ? Hein ? Bon. Vous m’aurez comprise…) donc, je disais, première réaction : Bof, Bof ! Encore le pinard, les viti, la terre (shame on me ! Yes, I know… ), mais comme je me suis engagée à le lire dans le cadre du Prix CL 2017, je me suis jetée à l’eau ! (sic) Et là, incroyable : je me suis surprise à rêver d’arpenter les rangs, à sentir cette terre épaisse mais malgré tout légère sous mes pieds, ce soleil et cette chaleur écrasante, sans parler de la folle envie de déguster un Corneille-de Renom. Et quand Mallock nous propulse en l’an 1323 sur les premiers pas du créateur de ce vignoble, dans ce savant effet feed-back du Passé au Présent que j’aime tant dans les romans, je n’ai pu le lâcher…

Pour le reste, je ne vous ferais pas de résumé. Faudra vous y coller ! Mais sachez que les personnages sont écrits avec une telle justesse, qu’ils évoluent au cours du récit sans aucune fausse note. Sans oublier cette curiosité : Se doter d’un héros homonyme, un flic un peu bourru, bon vivant et détonant, mais tellement attachant.

Les larmes de Pancrace - Mallock -

Et que dire de son style ? Une petite merveille ! Je ne veux pas sous-entendre que les romans policiers sont habituellement mal écrits ou qu’on s’attend forcément à un style « bateau ». Non. Loin de moi cette pensée de cloporte. Mais en règle générale, quand je lis un roman noir ou un thriller, je suis plutôt en mode TGV, happée par la curiosité de toujours vouloir en savoir plus. Là, je me suis surprise à prendre le temps de lire, m’arrêter sur un passage, en relire un autre et savourer tous les mots sans l’impatience des maux à venir…

Et tout cela avec humour, ce qui, vous me l’accorderez, ne gâche rien…

Il y a toujours un certain plaisir à mettre un menteur face à son mensonge. Et quand il s’agit de quelqu’un qui vous prend pour un larbin doublé d’un con, la chose devient carrément jouissive.

Chapeau Mallock(s) ! Créateur et Créature, je vous adopte et vous garde une place de choix dans mon cœur de lectrice et sur les rayonnages de ma bibliothèque…

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4ième de couv :

Jean de Renom, un jeune châtelain, rentre chez lui un soir, heureux de retrouver sa femme Camille et leur bébé après plusieurs jours d’absence. Mais il est sauvagement assassiné à son arrivée et est retrouvé criblé de balles au bas de son escalier. Sa femme ne sait absolument pas ce qui s’est passé, mais l’enquête arrive à la conclusion que c’est elle qui a tué son mari. Sans aucune raison. L’affaire fait d’autant plus de bruit que la mère de Camille est une femme politique puissante destinée à devenir candidate pour la présidence de la République. Appelé à la rescousse par un ami, le commissaire Amédée Mallock va s’intéresser à un tout autre assassinat ayant eu lieu dans la même famille trente années plus tôt. Un meurtre étrange en chambre close. Celui du père de Camille agressé en même temps que son épouse Sophie retrouvée inconsciente.

Et si ces deux crimes étaient liés ? Et si le Chevalier d’Assas, enfermé depuis lors et accusé du crime, était innocent ? Et si tout cela remontait à une malédiction proférée contre cette famille par un templier assassiné il y a sept siècles ?

 

Le dernier message de Sandrine Madison – Thomas H. Cook –

Dans ce roman, on suit un procès du premier à son dernier jour. Sur le banc des accusés : Sam Madison, universitaire pédant, se trouve mis en examen pour le meurtre de sa femme, Sandrine.

Aurait-il maquillé en suicide cet acte tragique ? Rien ne semblait plus aller entre les deux époux, et l’annonce de la maladie de Charcot dont souffre sa femme, n’aurait-elle pas été l’élément déclencheur d’une mise en scène pour nous faire croire au geste désespéré de Sandrine ?

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre, ce n’est pas le déroulement du procès, mais cette plongée dans le passé des personnages et le psychisme de Sam : Suivre ses pensées, remonter le temps avec lui, pour comprendre tout ce qui a pu le désigner comme coupable potentiel, le sentir indifférent, puis petit à petit, ferré et aux abois comme une bête éblouie, tétanisée par les phares d’une voiture.

Quel foutu jeu de dé, le cœur humain.

Le rythme est lent, posé, mais on ne s’y ennuie pas. Certains portraits sont vraiment ciselés d’une main de maître : Morty, l’avocat est une caricature à lui tout seul ; j’ai bien aimé le couple Avril-Clayton, je l’ai trouvé assez touchant… l’empathie par contre, n’est pas d’emblée là pour Sam, avec cette question qui nous taraude tout du long : l’a-t-il tuée ou ne l’a-t-il pas tuée ?

Le délitement de cette grande histoire d’amour, de ce coup de foudre sous la plume de Thomas H. Cook est palpable : On les voit tous les deux pris au piège des petites déceptions quotidiennes, englués dans une réalité qui escamote leurs grandes aspirations et leurs rêves les plus fous.

Et tout cela éclairé peu à peu par le dernier message de Sandrine Madison…

Ce n’est pas important Sam. Écoute-moi maintenant. Parce que je sais comment te sortir de cet enfer.

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4ième de couverture :

Sam et Sandrine Madison enseignent tous deux — elle l’histoire et lui la littérature — à l’université Coburn, en Géorgie. La nuit où Sandrine succombe à un mélange de vodka et de Demerol, on peut croire à un suicide. Le comportement singulier de Sam lui vaut cependant d’être accusé du meurtre de sa femme, malgré l’absence de preuve. Aux premières heures du procès, tout est envisageable: Sam semble sincèrement effondré et, à l’entendre, Sandrine avait de bonnes raisons de vouloir mourir. Pour autant, il n’est pas impensable qu’il l’ait tuée: plusieurs témoignages éclairent l’affaire d’un jour nouveau qui ne lui est pas favorable. Les souvenirs de l’accusé, qui se déploient en contrepoint des attaques du procureur et des arguments de l’avocat de la défense, brossent un paysage conjugal d’une extrême complexité, embrouillant le jugement du lecteur. Des deux conjoints, lequel a manipulé l’autre?

Ils savent tout de vous – Ian Levison –

Quand un condamné à mort et un flic landa se découvrent des dons de télépathes, que le FBI s’en mêle et compte bien exploiter cet atout et que les deux acolytes finissent par se retrouver et mener ensemble une recherche sur l’origine de cet étrange pouvoir, cela donne un roman haletant que je n’ai pas tardé à dévorer.

Iain Levison sait y faire pour nous embarquer dans son histoire : l’intrigue tient la route, les situations sont bien amenées et le rythme soutenu. Seule chose : un goût de trop peu avec une fin qui s’emballe et se termine en deux temps trois mouvements là où on en voudrait encore.

Une critique courte pour moi sur ce thriller fantastique (une fois n’est pas coutume) car que dire de plus sur un tel livre sans en dévoiler tout ce qui en fait le sel ? Si ce n’est : lisez-le ! Vous n’en ferez qu’une bouchée et passerez un sacré bon moment.

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4ième de couv :

Condamné à mort, Brooks Denny a le don de lire dans les pensées. Le pouvoir fédéral le découvre et envoie l’agent du FBI Terry Dryer pour lui proposer un marché: s’il l’accompagne à l’ONU pour participer aux négociations avec un chef d’Etat africain, il aura la vie sauve. Quand Brooks comprend qu’il est manipulé et s’enfuit, Snowe, un flic qui a le même pouvoir que lui, se lance à sa poursuite.